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Un film de Raphaël Jacoulot (France)

"Avant l’aube" Sortie en salles le 2 mars 2011

Frédéric est un jeune homme au passé confus qui a déjà connu la prison. Il fait un stage de réinsertion dans un grand hôtel de montagne que Jacques et Michel Couvreur dirigent.
Frédéric qui n’a jamais connu son père et qui, depuis sa sortie de prison, est en rupture de ban avec sa famille d’accueil, se prend d’amitié pour Jacques qui, lui-même, déçu par son propre fils, éprouve de la sympathie pour Frédéric.
Une nuit, un client de l’hôtel disparaît mystérieusement. Plusieurs indices poussent Frédéric à penser que son patron et son fils sont impliqués dans cette disparition. Etant le dernier à avoir vu le client au moment où il quittait l’hôtel, Frédéric fait un témoignage qui met Jacques hors de tout soupçon au regard de Sylvie Poncet, la policière pugnace chargée de l’enquête. Jusqu’au jour où Frédéric est lui-même suspecté…

© Ricardo Vaz Palma

Raphaël Jacoulot avait réalisé en 2006 "Barrage" un film dans la tradition du cinéma d’auteur
que la critique avait salué mais qui n’avait pas connu de succès auprès du public. Cinq années plus tard, il réalise "Avant l’aube". Cette fois-ci, il se trouve à la tête d’une bien plus grosse production avec au générique les noms de Jean-Pierre Bacri, Sylvie Testud, Ludmila Michaël et Vincent Rottiers, un jeune comédien prometteur.
Le décor extérieur, un hôtel isolé, situé à flanc de montagne auquel on accède par une route en lacets constamment enneigée, est inquiétant. Mais la porte franchie, on est rassuré par le luxe et le confort de l’établissement, la clientèle cossue, un personnel stylé, en uniforme. Jacques Couvreur, homme gouailleur et avenant est connu comme le loup blanc dans la région et la direction de son établissement fut, de tout temps, semble-t-il, irréprochable.
L’univers pourrait être proche de celui d’un récit de Simenon et Raphaël Jacoulot, sans doute avec le souci de ne pas trop d’éloigner d’un cinéma d’auteur auquel il semble vouloir rester fidèle, laisse de côté l’intrigue policière pour s’attacher à une atmosphère singulière, laisser le champ libre à ses personnages et les tenir hors des clichés même si aucun d’entre eux n’échappe vraiment au stéréotype. Un directeur d’hôtel de luxe jovial mais constamment tendu, une épouse efficace et douce, un fils décevant, une bru dont on s’accommode, un jeune stagiaire rebelle soucieux de réussir sa réinsertion mais fragile, et une policière qui n’a pas froid aux yeux.
Raphaël Jacoulot semble tellement soucieux de déjouer les pièges d’une intrigue policière classique et de sortir ses personnages du tracé attendu qu’il finit par désincarner son récit et ses protagonistes. Utilisé à contre emploi, Jean-Pierre Bacri est convaincant quoique un peu transparent et dès le départ, on sait que Sylvie Testud, policière en apparence un peu potache aura le fin mot. Quant à Vincent Rottiers, on l’a vu en meilleure forme en sauvageon taciturne écorché vif.
Reste l’intention louable du metteur en scène de conduire son récit en demi teinte, avec zones d’ombre persistantes. Et c’est sans doute cette discrétion qui apporte son charme au film, un charme constant, comme une toile de fond…
Francis Dubois

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