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Un film d’Emmanuelle Antille (Suisse)

"Avanti" Sortie en salles le 23 avril 2014.

Léa, à vingt-huit ans, n’est en prise ni avec son environnement familial, ni avec sa vie professionnelle. Son petit ami l’ennuie et elle est en mal de repères.

Sa mère, Suzanne, qui souffre d’une maladie mentale vit dans un établissement spécialisé.

Soudain, peut-être parce que tout va de travers dans sa vie, Léa se rapproche de sa mère.

Elle est de plus en plus certaine que la place de celle-ci n’est pas entre les quatre murs d’une chambre de clinique, que Suzanne a encore la possibilité de vivre des moments de plaisir et de pleine liberté.

Après un week-end en famille, au moment de raccompagner sa mère dans son institution, elle fait demi- tour.

Au cours de cette courte escapade, la mère et la fille vont se rapprocher l’une de l’autre, trouver une vraie complicité et Suzanne, au lieu d’étouffer ses pulsions comme elle en a le réflexe, va pouvoir laisser libre cours à tous ses élans de vie.

Le sujet suit un parcours narratif pré-tracé et s’y tient. Rien, ni dans le déroulement des différents épisodes du récit, ni dans le traitement ne vient contrarier le caractère attendu de cette brève récréation.

Léa aura peut-être trouvé dans ce moment d’évasion le moyen de rompre avec une existence qui s’annonçait terne et languissante et Suzanne, à l’occasion d’un retour sur les lieux de sa jeunesse, celle d’épuiser ce qu’il y avait encore de vibrant au fond d’elle-même.

Un pique-nique dans un pré, le plaisir de se faire tremper par une averse subite, une virée dans un bar fréquenté par des hommes en mal d’aventures, un plongeon dans un bassin vont constituer les différentes étapes marquantes de l’escapade salutaire.

Dans le traitement d’un sujet qui imposait ses propres limites, les moments les plus intéressants sont ceux où le scénario rompt la règle et les dépasse. Ainsi le moment dans le bar, quand Suzanne se livre à une chorégraphie provocatrice avant d’entamer un flirt avec l’un des buveurs de bière, donnant tant aux caresses qu’elle reçoit qu’à celles qu’elle donne un caractère presque maternel.

La photographie est belle, même le récit ne résiste pas à l’esthétisme d’un champ de ravenelles ou à celui d’une averse subite.

Le grand atout du film tient aux retrouvailles du cinéma avec celle qui fut l’égérie de Fassbinder et qui garde après des années, la grâce et la force de son talent. Hanna Schygulla, bien que souvent " à l’étroit" dans le personnage de Suzanne illumine le film.

Sa performance empiète sur le jeu trop répétitif de Nina Meurisse. Les apparitions trop brèves de Miou-Miou et de Monique Mélinand laisse un arrière-goût de frustration qui au bout du compte, s’étend d’un bout à l’autre de cette réalisation finalement trop sage et conventionnelle.

Francis Dubois

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