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Un film d’animation de Marguerite Abouet et Clément Ombrerie (France)

"Aya de Yopougon" Sortie en salles le 17 juillet 2013

"Aya de Yopougon" est un film d’animation adapté d’une bande dessinée de Marguerite Abouet et illustrée par Mathieu Sapin.

L’auteure y décrit le noyau familial et amical autour duquel elle s’est construite et qui a nécessairement nourri son imaginaire.

Le récit se situe à la fin des années 1970 à Yopougon, un quartier populaire à la périphérie d’Abidjan, rebaptisé Yop City. C’est là que vit la sage Aya qui, contrairement à ses deux amies Adjoua et Bintou qui ne pensent qu’à courir dès la nuit tombée, passe son temps à la maison.

Aya a affublé ses amies volages du sobriquet de 3C : Coiffure, Couture et Chasse au mari.

La vie de ce petit monde s’écoule tranquillement jusqu’au jour où Adjoua se retrouve enceinte.

Va-t-elle avouer son état à sa famille ou faire appel à une femme qui "enlève les grossesses" ?

Elle choisit de tout dévoiler mais de tous ceux qui l’entourent, le plus surpris, c’est Moussa, le fils de Sissoko quand il apprend qu’il est le père de l’enfant à naître.

Un rien benêt, sa réaction n’est pas de se défendre mais de s’interroger sur le façon dont il va devoir s’y prendre pour annoncer la nouvelle à son père le redoutable Bonaventure, l’homme le plus riche et le plus influent de la région.

Mais surprise, lorsque l’enfant naît, il ne ressemble pas du tout à Moussa. Il est la parfaite réplique du grand séducteur du village…

"Aya de Yopougon" est un récit foisonnant où le bon sens de chacun n’a d’égal que ses "arrangements" avec la morale. Aya en est le personnage pivot, une jeune fille qui vit avec son temps mais qui, tout en souhaitant s’émanciper et faire bouger les choses, tient à garder les valeurs et les coutumes sur lesquelles repose la culture de la communauté à laquelle elle appartient.

Si elle a fait le choix de rester dans le rang, de faire des études, de rester fidèle à la lignée familiale, elle veut pouvoir dire non à son père et choisir elle-même l’homme qu’elle épousera.

Elle ne se pose pas pour autant en exemple et ne condamne pas les agissements désordonnés de ses deux amies car elle est humaine et tolérante.

Le film de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie est peuplé d’une multitude de personnages qui sont à la fois hauts en couleur, parfois jusqu’à la démesure, mais qui savent rester avec leur bonne humeur, leur bons sens, des certitudes plutôt que des tâtonnements, dans le domaine d’un réalisme plausible.

La candeur avec laquelle ils font face aux situations qui devraient les dérouter témoigne d’un état d’esprit délibérément bon enfant où tout problème trouve sa solution.

Le graphisme du film pour être simple, n’en dégage pas moins une atmosphère prenante et derrière le coup de crayon, les personnages existent avec leurs particularités et leur profondeur bien humaine.

Francis Dubois

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