Actualité théâtrale

Jusqu’au 15 avril au Théâtre Les Déchargeurs

« Banque centrale » Réduc’Snes

Quel est le rôle d’une Banque Centrale ? Comment se fait-il que les États ne puissent plus lui emprunter comme ils le faisaient, il n’y a pas si longtemps ? Et d’ailleurs qui crée la monnaie ? D’où sort le pouvoir de plus en plus exorbitant des banques ? Et ces subprimes, dont on a tant parlé, c’est quoi ? Vous n’êtes pas économiste et vous voudriez bien y comprendre quelque chose. Mais vous ne voudriez pas vous ennuyer.

Théâtre : Banque centrale

Franck Chevallay s’est plongé dans la question et a décidé de vous aider. Il a trouvé que cette histoire avait quelque chose qui semblait aller à l’encontre du bon sens. Alors pourquoi ne pas la placer dans un asile d’aliénés ? Mais qui est fou ? Le personnage ou le système dans lequel il évolue ? Pour y comprendre quelque chose l’auteur s’est dit qu’il fallait personnifier les choses. C’est donc le fou qui demandera à être Banque centrale ou État ou banque, successivement au fur et à mesure que les problèmes apparaissent. C’est à travers le voyage d’une pièce d’or que l’on suit l’histoire de l’évolution de la création de monnaie. C’est dans deux coupes de champagne qu’on comprend ce qu’est l’inflation !
Cela vous intrigue ? Alors allez voir Franck Chevallay. Il ne s’est pas contenté d’écrire la pièce, il l’a mise en scène avec la complicité d’Alexandre Zloto et surtout il la joue. Il arrive pieds nus en pyjama, en fou qui va voir le médecin de l’asile pour demander à changer de service, devenir l’État, la Banque Centrale, les banques, etc. En prenant le ton du naïf qui essaie de comprendre, il dévoile tout ce que le système cache sous le vocabulaire et le ton de l’expert qui considère son interlocuteur comme un sot. Plutôt que de prendre le point de vue du militant qui ne convaincrait que ceux qui le sont déjà, il adopte le ton de la comédie et révèle ainsi toute la folie du système, où il faut continuer à pédaler pour ne pas tomber, mais aussi son cynisme. Seul en scène il nous promène de l’asile au vaste monde à la suite de la pièce d’or. Il prend la mine du quidam qui essaie de comprendre ou celle de l’expert qui justifie, le ton des banques qui crient « c’est la fin du monde, il faut nous sauver ! » et sermonnent les États qui se sont endettés, entre autres, pour les renflouer. Il semble déminer le sujet et il le subvertit complètement. Même lorsqu’on est un peu économiste, on est séduit par ses capacités de pédagogue et d’humoriste. C’est éblouissant !
Comment apprendre en s’amusant, comment se poser des questions qui invitent à aller plus loin, tout en riant ? Lorsque Thomas Carlyle disait que l’économie est une science lugubre, il n’avait pas vu Banque Centrale. Il faut dire que c’était en 1849, il avait une excuse, pas vous. Allez-y, vous ne le regretterez pas et si vous souhaitez y emmener vos élèves, prenez contact avec le théâtre.

Micheline Rousselet

Les samedis à 19h30
Théâtre Les Déchargeurs
3 rue des déchargeurs, 75001 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 36 00 50

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • Les Molières le 23 juin
    La cérémonie des Molières est maintenue, dans le respect des règles sanitaires, et sera diffusée en prime time le 23 juin sur France 2. Elle rappelle, en ces temps où l’avenir est encore incertain et... Lire la suite (25 mai)
  • La Comédie-Française lance La Comédie continue !
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE > vendredi 27 mars 2020 > La Comédie continue ! > Tel est le nom de la première chaîne en ligne de la Comédie-Française. > À partir du lundi 30 mars 2020 à 16h, plusieurs levers... Lire la suite (31 mars)
  • « Sois un homme »
    Qu’est-ce qu’être une femme ? La question a beaucoup interrogé écrivain.e.s et philosophes depuis déjà un certain temps. Mais s’agissant des hommes, elle apparaît plus originale tant des siècles de... Lire la suite (17 mars)
  • « Illusions perdues »
    Après ses brillantes adaptations d’Homère ( Iliade puis Odyssée ) et de Chanson douce de Leïla Slimani, Pauline Bayle s’est lancé dans l’adaptation du roman de Balzac. C’est au fonctionnement du... Lire la suite (17 mars)
  • « L’éveil du printemps »
    La pièce de Franck Wedekind fit scandale a son époque (1890) et fut interdite de longues années pour pornographie. Elle offrait un regard osé sur la jeunesse, défendait le désir adolescent et pointait... Lire la suite (16 mars)