Actualité théâtrale

Théâtre de la Commune, CDN d’Aubervilliers jusqu’au 18 décembre 2011

"Banquet Shakespeare" Partenaire Réduc’snes

"Banquet Shakespeare" d’après "Shakespeare notre contemporain" de Jan Kott Mise en scène Ezéquiel Garcia-Romeu.

 
Face à un dispositif scénique en cuvette, constitué de lattes de bois jointes avec fenêtres d’où apparaissent ou surgissent les compositions du marionnettiste Ezéquiel Garcia-Romeu, se tient la comédienne Odile Sankara.

Elle est là, déjà en place, quand le public entre pour aller s’installer sur des banquettes disposées en cercle.

Elle adresse à chacun sourires complices et d’accueil, avant de prendre la parole pour proposer, dans un montage subtil, des bribes des comédies noires de Shakespeare.

Elle cite Richard III, Hamlet, Macbeth, Lear, annonce le nombre impressionnant de cadavres qu’on compte dans chacune de ces pièces et non sans humour, trace en regroupant par thèmes les extraits choisis, le parcours qui va de la politique à la cruauté, de l’exercice du pouvoir à la démence.

Alors qu’elle accompagne dans leurs débordements, les héros de Shakespeare, alors que se multiplient les crimes, apparaissent dans les fenêtres qui s’ouvrent, des marionnettes qui jouent l’étonnement de se retrouver à l’air libre, écoutent, observent avec l’effarement et la curiosité de ces petits animaux surgis de leurs terriers qui font, avec un regard à droite, un autre à gauche, un état des lieux.

Une fenêtre s’ouvre, puis deux, puis une troisième avant que toutes ensemble, elles se referment, avant qu’une autre marionnette apparaisse et que se mettent à surgir un squelette, un diable, une araignée géante, un clochard couronné.

Les brèves entrées en scène des petits personnages illustrent-elles les textes que distille Odile Sankara ou bien ne sont-ils que les éléments éphémères d’un spectacle de cabaret qui se place en parallèle ?

Les marionnettes et le mystère de leurs apparitions dans un jeu d’éclairages minimal, sont en décalage avec les interventions de la comédienne, de qui on aurait peut-être attendu moins d’emphase et de mimiques appuyées, des déclamations plus "murmurées".

L’intimité du lieu ramassé autour de la scène, la dimension et la délicatesse des marionnettes, leurs mouvements mesurés, leur expressivité à peine esquissée, suffisent à créer le climat du spectacle. On en est à craindre parfois que les interventions de la comédienne, grande, élancée et très physique, n’aille à contre-courant d’un dispositif minutieux et si délicat.

 
Francis Dubois

 
Théâtre de Commune, Centre dramatique national d’Aubervilliers

2 rue Edouard Poisson 93 300 Aubervilliers.

www.theatredelacommune.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 33 16 16

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Dans les forêts de Sibérie »
    Après avoir voyagé à vélo autour du monde, puis marché à travers l’Himalaya, chevauché dans les steppes d’Asie Centrale, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson s’est décidé à choisir l’immobilité en... Lire la suite (16 octobre)
  • « Jungle book »
    Tout enfant s’est un jour entendu raconter l’histoire de Mowgli, ce petit d’homme adopté par un couple de loups, dont Rudyard Kipling a fait une ode à la tolérance. Dans la jungle Akela, le père loup,... Lire la suite (15 octobre)
  • « Sabordage »
    O Après Blockbuster, où elle dénonçait les effets de la cupidité globalisée, portée par un système ultralibéral faisant passer le profit avant toute autre considération, l’inventive troupe liégeoise Le... Lire la suite (13 octobre)
  • Des reprises à signaler
    Voici 3 spectacles que nous avons chroniqués et qui sont repris cette automne. Pour ceux qui les auraient loupés ou qui voudraient les revoir ! « Jeanne Plante est chafouin » les lundis à 20h30... Lire la suite (12 octobre)
  • « Les causeries d’Emma la Clown »
    Il y a maintenant vingt ans que Meriem Menant a crée son personnage d’Emma la clown avec sa chemise de flic bleu clair et sa cravate, sa jupe plissée qui pendouille et ses chaussettes qui godillent,... Lire la suite (11 octobre)