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Un film de Mireia Ros (Espagne)

"Barcelona, avant que le temps ne l’efface" Sortie en salles le 18 septembre 2013

"Barcelona, avant que le temps ne l’efface" , inspiré du roman de Javier Baladia " Albans que el temps ho esborri" est un portrait de la haute bourgeoisie qui fut à l’origine de la révolution industrielle en Catalogne.

Dans son roman, Javier Baladia s’appuie sur une famille dont il est le descendant, et qui est représentative de cette classe sociale en plein essor. Une famille dont la splendeur coïncidait avec celle de la ville de Barcelone au cours de l’époque comprise entre les deux expositions universelles de 1888 et 1929.

Barcelone qui, de petite cité provinciale se hissa au rang des grandes capitales du monde et vécut une époque extraordinaire.

Le film de Mireia Ros, à partir de photographies, lettres, cartes postales, films de famille inédits, revient sur les membres de cette famille entre autres, qui ont contribué au développement de la ville.

Chacun, qu’il se consacre au secteur de l’industrie ou soit artiste, intellectuel, noceur, faux prince, a apporté sa pierre à l’édifice.

A cette époque où l’on mourait en couches et où les veufs inconsolables mouraient d’amour, où l’on se suicidait à l’arsenic, des femmes au fort caractère, en avance sur leur temps, vivaient la vie qu’elles désiraient vivre.

Ainsi, Tante Ramona, fut une des premières femmes chef d’entreprise en Espagne au début du XXème siècle. Elle développa la fabrication familiale de textiles. Son caractère était à ce point redoutable qu’on la nommait "le patron". Elle portait en permanence un revolver caché sous ses jupes.

Teresa Mestre abandonna son mari et ses trois enfants. Dépassée par la forte personnalité de Tante Ramona, elle finit par s’enfuir avec un intellectuel, Joseph Pijoan. Elle inspira à Eugène d’Ors un des personnages marquants de la littérature catalane, la "Ben Plantada".

Isabel Llorach engagea sa fortune en faveur de Barcelone.

D’autres personnages sont présentés tel Padri, industriel et mécène et Gip son fils un noceur qui dilapida toute la fortune familiale.

Peinture d’une Barcelone en plein épanouissement qui attira à l’époque de grands artistes comme Nijinski, Richard Strauss ou Gardel.

Un documentaire aux couleurs sépia habilement construit autour d’une époque à la fois étincelante et décadente.

Francis Dubois

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