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Un film de Patricia Plattner (France)

"Bazar" Sortie en salles le 2 décembre

Autant le dire tout de suite, "Bazar" vaut surtout par la performance de Bernadette Lafont qui quelques décennies plus tard, joue les amoureuses avec autant de pétulance, d’insolence et de malice qu’autrefois dans les films de Truffaut, de Chabrol ou de Doniol-Valcroze.
Gabrielle, la soixantaine, tient, avec Joanna, dans un quartier de Genève, une boutique d’antiquités. Mais Gabrielle a le défaut de négliger le courrier qu’elle reçoit quand il s’agit de factures. Le jour où elle reçoit la visite d’un huissier avec avis d’expulsion, le monde s’effondre autour d’elle d’autant plus que, dans le même temps, sa fille vient lui apprendre qu’elle va être grand’mère.
C’est mal connaître Gabrielle que de penser qu’elle va se ranger des voitures et se mettre à la layette… Par hasard, son chemin croise celui de Fred, un tout jeune homme. Ils tombent sous le charme l’un de l’autre et les voilà partis pour une histoire d’amour comme aux premiers émois.

Patricia Plattner donne avec "Bazar" une comédie douce-amère qui se situe dans le même registre que ses précédentes "Petites couleurs". Elle dresse le portrait d’un groupe de personnes qui ont à voir les unes avec les autres, reliées entre elles par cette Gabrielle qui, malgré les épreuves de la vie, a su rester gourmande, curieuse et généreuse, cette femme qui, bien qu’ayant passé la soixantaine, reste d’une vitalité prompte à l’exposer au meilleur et au risque de connaître, hors âge, un revers amoureux tardif.
Elle n’évite pas, malgré les contre-temps du récit, un certain angélisme que l’interprétation inspirée de Bernadette Lafont parvient à réduire le plus souvent. Mais le film souffre du tracé trop sommaire des personnages secondaires qui, peu consistants, restent souvent à l’état de cliché. La belle silhouette de Lou Doillon ne suffit pas, et comment ne pas donner plus d’épaisseur à l’amie Joanna jouée par Alexandra Stewart, comédienne devenue si rare. Et quand le personnage est plus fouillé comme c’est le cas avec Sacha Bourdo qui joue un Niko plus incarné, on tombe dans l’excès narratif et le drame un peu opportuniste.
Ceci dit "Bazar" n’est pas sans charme et on peut très bien se laisser prendre par la rencontre de Gabrielle et de Fred et par l’histoire d’amour attachante qui va les lier.
Ce qui est garanti, c’est le plaisir de retrouver une Bernadette Lafont qui fait là, une composition de haute volée.
Francis Dubois

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