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Un film de Thomas Balmès (France) d’après une idée originale de Alain Chabat

"Bébés" Sortie en salles le 16 juin 2010

Ils se prénomment Ponijao, Bayarjargal, Mari et Hattie et vivent en Namibie, en Mongolie, au Japon et aux Etats-Unis. Du jour de leurs naissances à leur premiers pas, la caméra de Thomas Balmès suit leur évolution sans privilégier spécialement les changements saillants, mais en saisissant sur le vif des moments de toutes sortes de leur quotidien, baladant le spectateur de l’une à l’autre de ces quatre cultures contrastées.
Ponijao appartient à la tribu Himda vivant au nord-ouest de la Namibie. Le père, éleveur de bétail passe son temps à rechercher des points d’eau pour son cheptel. Ponijao qui est l’avant dernier d’une fratrie de dix enfants vit en pleine savane, au milieu des bêtes et le film a permis à sa mère d’être pour la première fois suivie par un médecin, pendant sa grossesse. Un seul, parmi ses frères et sœurs, est scolarisé. C’est un bébé potelé, rieur, facile à vivre, très photogénique.
Hattie vit dans la banlieue de San Francisco. Sa mère est professeur à l’université de Stanford et son père est chef opérateur et réalisateur de films. Hattie est curieuse, énergique, timide au premier abord. Ses parents, bien que très présents, l’habituent à devenir autonome. Elle est entourée de livres et de jeux éducatifs.
Les parents de Mari, la petite japonaise travaillent dans le milieu de la mode. Ils occupent un appartement dans le centre de Tokyo. Mari est très vive, curieuse de tout. Elle a un animal de compagnie, un chat et ses parents se montrent très attentifs à son évolution physique et émotionnelle
Si le bébé Mari a des points communs avec le bébé Hattie, on pourrait en trouver beaucoup qui rapprocheraient Ponijao de Bayarjargal.
Bayarjargal habite Bayanchandmani, au centre de la Mongolie dans la steppe. Ses parents, qui pratiquent l’élevage de bovins et d’ovins, n’ont pas beaucoup de temps à consacrer au petit garçon et à son frère. Le confort de l’habitation est réduit. Bayarjargal est rieur. La vie rustique et le peu de temps que sa mère peut lui consacrer en fait un bébé autonome.

La caméra de Thomas Balmès a suivi les quatre bébés pendant plus d’une année. Il a filmé avec tendresse, sans le moindre voyeurisme, l’évolution des enfants dans des milieux très contrastés, chacun destiné à rester cantonné dans le périmètre de son début de vie. Il y a peu de chance que les enfants de Namibie ou de Mongolie évoluent à contre courant de leur destin tout tracé, mais ces deux là évoquent dans le film plus d’interrogations que le bébé américain et le japonais qui ne sont intéressants que si on les compare aux deux autres. Destins sacrifiés, destins privilégiés. Quelles que soient les différences, l’enfance est une sorte de tronc commun de l’existence où les individus sont joyeux, joueurs, espiègles, inventifs, insouciants.
"Bébés" est un film tendre, affectueux, objectif. Il bénéficie de cette sorte de spontanéité, de poésie instinctive qui n’appartiennent qu’à l’enfance et qui sont ici, toujours pris sur le vif.
Francis Dubois

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