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Un film de Elise Girard (France)

"BellevilleTokyo" Sortie en salles le 1er juin 2011

Au moment de prendre le train pour Venise, Julien annonce à Marie que le but de son voyage n’est pas seulement le festival du film qu’il couvre en tant que journaliste mais qu’il va, dans la cité italienne, rejoindre une autre femme dont il est tombé récemment amoureux.
Marie est enceinte. Assommée par la révélation, elle relève la tête et refuse d’être la seule victime de la situation. Elle se réfugie dans son travail et trouve du réconfort auprès de ses patrons, deux vieux cinéphiles qui dirigent une salle de cinéma du quartier latin et ont une passion pour les grands classiques américains.

Elise Girard a été mise en contact pour la première fois avec le cinéma en faisant, par hasard, de la figuration dans le "Van Gogh" de Maurice Pialat. Une rencontre déterminante qui a donné lieu à d’autres petits rôles dans des films, lesquels ont très vite épuisé son goût pour le jeu devant la caméra.
Il lui a fallu alors trouver autre chose à faire, toujours dans le cinéma. Une opportunité se présente alors à elle, celle de travailler avec l’équipe de direction du cinéma Le Grand Action.
Elise Girard a choisi le sujet de la séparation d’un couple en y ajoutant l’élément douloureux de la grossesse engagée. Elle a opté pour une narration presque stylisée en traitant les hésitations amoureuses et la faiblesse de l’homme coupé en deux, sous forme de courtes scènes économes du moindre effet et de tout dialogue bavard.
Un parti pris narratif qui va bien à Valérie Donzelli, comédienne vive, fine et expressive mais beaucoup moins bien à la transparence de jeu de Jérémie Elkaïm qui ajoute à la faiblesse de la partition qui lui revient, une présence peu consistante.
Du coup, le film qui ne fonctionne que sur une patte, devient boiteux malgré de trop rares moments où la situation dramatique convient au parti pris de sobriété de la mise en scène.
On attend alors que l’autre élément narratif du film intervienne en béquille, celui du fonctionnement au jour le jour d’une salle de cinéma indépendante du quartier latin. Et là, c’est encore une déception. Le couple d’hommes passionnés de cinéma américain qui jongle avec les programmations pour ne pas envoyer leur salle de cinéma dans le mur, était pourtant une bonne idée.
Sur le plan documentaire déjà, car il paraissait intéressant de rentrer dans l’intimité du fonctionnement bricolé et instinctif d’une salle de cinéma marginale, un des derniers îlots de l’Art et Essai, et sur le plan de la comédie pure.
Le résultat est faiblard et Philippe Nahon comme Jean-Christophe Bouvet, dont l’association était pourtant une bonne idée, n’ont, pour convaincre ou faire sourire, que des scènes artificielles, attendues et terriblement décolorées.
Avec son film, Elise Girard avait une bonne idée en tête, en rapport avec une conception louable du cinéma, mais il fallait beaucoup, beaucoup de talent pour mettre ce projet à exécution.
Ce film là, celui qu’elle a voulu faire, il arrive qu’il survienne ici et là, mais ce n’est pas suffisant pour vraiment convaincre.
Francis Dubois

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