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Un film de Luca Miniero (Italie)

"Benvenuti al Sud" Sortie en salles le 24 novembre 2010

Il y aura sans doute bientôt une version américaine de "Bienvenue chez les ch’tis". En attendant sans grande impatience, cette resucée outre atlantique du succès record de Dany Boon , il faudra se contenter pour l’instant, d’une version italienne un peu pâlotte.
Alberto, directeur d’une agence de la poste, alors qu’il attendait une mutation pour Milan se voit, à la suite d’une "maladresse" dont il s’est rendu coupable, proposer un poste dans une bourgade de la région de Naples. La nouvelle est consternante et le sud de l’Italie a, dans le Nord, une telle réputation de coupe-gorge qu’il s’y rend muni d’un gilet pare-balles et avec en tête toutes les recommandations que lui a faites sa femme à propos des épidémies, des voleurs, des escrocs et de la mafia. Mais très vite, il découvre une région charmante, des collègues attachants et une population accueillante. Il finira par s’y sentir si bien, entouré de ses nouveaux amis, que pour éviter que la venue de sa femme ne vienne troubler sa quiétude, il continuera de lui dresser, à distance, un épouvantable tableau de son quotidien.
Or, malgré ses mensonges, elle débarque un jour…

© Gianni Fiorito

Ce n’est certainement pas "Benvenuti al sud" qui rendra ses lettres de noblesse à la comédie italienne même si le film de Luca Minieri qui fait le plein de personnages truculents et de situations cocasses n’est pas complètement manqué et qu’on y sourit parfois.
Les ingrédients qui composent cette spécialité y sont tous mais c’est le liant qui pêche et il aurait suffi d’apporter un peu de nuances à une enfilade de gags et de calmer ici et là l’ardeur méridionale des personnages pour que l’ensemble trouve une tonalité bon enfant qui semblait être l’objectif à atteindre.
L’Italie a-t-elle définitivement perdu la main ? On reproche ici aux personnages leurs excès, leurs débordements même si on est bien obligés de convenir que les Sordi, Manfredi, Gassmann ou autres Toto, n’étaient pas des adeptes d’un jeu spécialement nuancé. C’est donc bien "l’âme" de la comédie italienne qui fait défaut, le tour de main, ce dosage indéchiffrable qui ont fait le charme et les succès de films qui n’hésitaient pourtant pas à charger la charrette…
Ce qu’on pourrait reprocher à des comédies comme "Benvenuti al Sud" c’est d’être à la fois dans l’excès et dans la frilosité, dans la truculence et dans la mesure et là où Manfredi ou Sordi, malgré la charge de leur prestation, échappaient à la caricature, les personnages prudents dans la démesure de "Benvenuti…" ratent le coche, restent entre deux eaux et font figure de pâle copie…
Il y a malgré tout, ici et là dans cette gentille comédie jamais vacharde, des moments presque réussis où les personnages font sourire et d’autres où l’émotion n’est pas très loin.
Francis Dubois

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