Actualité théâtrale

L’Équinoxe à Châteauroux le 20 mars, du 6 au 10 juin à la Maison des Métallos à Paris

« Bibi » Créé au théâtre de Sartrouville du 7 au 16 février

Bibi fête son anniversaire entouré de ses copains. Naïf et simple, il aime les chansons, il chante ce qui le fait rêver ou lui fait mal. Il dit la misère, une enfance triste, un père dont l’amour a été désiré en vain, les filles qui ne répondent pas au téléphone et ne viennent pas aux fêtes où on les invite.

Théâtre : Bibi

La Compagnie de l’Oiseau-mouche rassemble des comédiens professionnels en situation de handicap. Depuis 1981 ils ont crée 46 spectacles et donné plus de 1600 représentations. Sylvain Maurice, metteur en scène et directeur du Théâtre de Sartrouville a organisé avec eux des ateliers-théâtre où ils ont travaillé plusieurs auteurs. Cherchant un univers pour cette troupe, il a trouvé un poète, roubaisien comme eux, Charles Pennequin. Sa prose épouse la langue des gens simples, dit la révolte avec des mots forts et des images coups de poing. Dans Pamphlet contre la mort il écrit ces mots emplis d’une rage poignante « Nous étions des âmes simples, des petites âmes de pauvres... , du populo très tranquille pas méchant pour un sou, des babioles, des bidules pour l’histoire … des objets mal foutus et qui dérangent » .

Le montage de textes offre une tranche de la vie de Bibi et de ses copains. Ils cherchent sans relâche l’amour, la tendresse mais il y a aussi dans leurs mots de la rage, du chagrin et des rires. La musique jouée en live sur le plateau par Dayan Korolic renforce la musicalité du texte et imprime son rythme à la pièce. Le scénographe Eric Soyer a posé en fond de scène un rideau de lamé dont les couleurs varient jusqu’aux couleurs chaudes de la fête finale.

C’est Jérôme Chaudière qui incarne ce « petit cœur simple », qui porte la parole de ceux qui « dérangent l’histoire avec leurs paroles inintéressantes » . Il est ce naïf au cœur simple, maladroit dans son corps, tendre et drôle mais parfois en colère. Il épouse la musicalité saccadée du texte, refuse avec énergie d’être vaincu par cette vie de chien et se bat pour trouver l’espace pour penser. D’autres, comme Jonathan Allard se battent avec le texte qui semble leur résister. Marie-Claire Alpérine, Myriam Baiche et Valérie Waroquier chantent et dansent pour l’anniversaire de Bibi. Leur manière de prendre la vie à bras le corps est remarquable et émouvante.

Micheline Rousselet

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