Année 2016-2017

Bilan de rentrée et perspectives… Danger ! (Montpellier)

Le 19 septembre, après la tenue de notre CA académique de rentrée et après la compilation des réponses formulées par les S1 des lycées à l’enquête académique de rentrée, le SNES-FSU de l’académie de Montpellier a fait parvenir un communiqué de presse aux médias locaux sur les conditions très dégradées de rentrée 201 6 pour tous les lycées de l’académie.

La presse locale n’ayant pas jugé opportun de le diffuser, en voici son contenu, très clair sur les difficultés rencontrées : « les effectifs de lycéens sont en très nets progrès et pour 2/3 des lycées dépassent largement les effectifs prévus en janvier. Malgré des ouvertures de classes durant le mois de juillet, les ajustements réalisés par le Rectorat sont insuffisants. Partout les classes sont surchargées : 36 élèves par classe devient la norme… pour assurer une aide personnalisée aux élèves ! La fin du redoublement en classe de seconde amplifie les flux d’élèves scolarisés en particulier pour les classes de premières ES et STMG, amplifiant l’hétérogénéité de ces classes elles aussi très chargées. Le contexte sécuritaire s’applique aussi dans les lycées, mais sans moyens de vie scolaire supplémentaires, rendant ainsi très difficile le travail quotidien des équipes éducatives. Dans l’académie, les conditions ne sont donc pas remplies pour permettre aux personnels enseignants et d’éducation de construire un vivre ensemble pacifié et l’acquisition d’une culture commune émancipatrice pour tous les lycéens. »

Deux jours auparavant, notre Ministre, dans le cadre des « universités de l’engagement » du parti socialiste, a proposé « Pour aller plus loin dans l’éducation lors du prochain quinquennat (…) d’étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. » reprenant ainsi un mandat de congrès du SNESFSU (extrait : « le SNES FSU se situe donc résolument dans une perspective de démocratisation de l’éducation et de la formation. Il s’agit de permettre à tous les jeunes d’accéder à de hauts niveaux de diplômes et de qualifications et également de culture permettant l’épanouissement de chacun ainsi que l’insertion citoyenne, sociale et professionnelle. Cela impose de porter la scolarité obligatoire à 18 ans dans le cadre d’un droit au lycée pour tous les jeunes. »). Alors, pourquoi ne pas dire à la Ministre : CHICHE ! Allons-y !

Cette proposition (assez nouvelle idéologiquement pour un gouvernement adepte de l’école fondamentale et de la fin de la scolarité dès 16 ans) qui se place dans un contexte électoraliste et qui vient sur le devant de la scène politique après l’annonce faite par le Président de la République de vouloir réformer les lycées, ne doit pas nous laisser complètement dupes...

Après les attaques, par la réforme du bac pro 3 ans et les actuelles stratégies régionales (cf. les projets de campus des métiers) visant à faire disparaître les lycées professionnels, après la non remise en cause de la réforme Chatel des lycées généraux et technologiques (qui a abouti à la mise à mal des voies technologiques) cette ambition peut porter les germes d’une volonté politique de territorialisation de l’enseignement technologique et général si elle a pour unique ambition de limiter le nombre des adolescents sortant du cursus scolaire sans diplôme. Transformer les lycées généraux et technologiques en Écoles de la deuxième chance fonctionnant sur moyens régionaux et ayant pour unique ambition de préparer des lycéens aux perspectives d’un marché de l’emploi local est une vieille dérive adéquationniste qui pourrait devenir un objectif éducatif du prochain quinquennat.

Ne nous laissons pas piéger dans cette perspective qui serait désastreuse pour les ambitions que nous portons pour le second degré !

Hervé FUMEL

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