Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Claudia Priscilla et Kiko Goifman (Brésil)

« Bixa Travesty » Sortie en salles le 26 juin 2019.

Linn de Quebrada est une artiste rappeuse de la banlieue de Sao-Paulo pourvu d’une grande présence scénique, engagée sur le sujet du genre et qui ose affronter avec panache le machisme et l’autoritarisme du nouveau pouvoir brésilien.

Son charisme et son corps féminin trans sont ses seuls arguments comme moyen d’expression politique.

Personnage cash, belle, resplendissante, Linn de Quebrada s’est choisi un nom qui revendique tout ce qu’elle a à affirmer : Linda qui signifie « belle » en portugais et Quebrada, « cassée » en argot local des banlieues pauvres de Sao Paulo.
S’accepter, accepter sa singularité, c’est pour elle ouvrir une porte, permettre à tous ceux et celles qui se sentent non conformes aux normes de faire de même quand le pouvoir du pays s’attaque formellement aux minorités.

Cinéma : Bixa travesty

Linda de Quebrada, figure du rap contestataire et queer brésilien s’autoproclame « terroriste de genre » ou encore « pédale travestie », « Bixa travesty ».

Depuis l’élection au pouvoir de Bolsonaro, la lutte est plus que jamais nécessaire quand ce sont les minorités sexuelles et ethniques qui sont les premières à souffrir de la violence sociale désormais institutionnalisée.

En 2016, Linda de Quebrada apparaît dans le documentaire «  My body is political » de Alive Riff sous son premier nom de scène, MC Linda Quebrada.

Elle porte alors le cheveu court, frisé et teint en rose et fait ses armes derrière le micro arrangeant ses premiers mix d’inspiration funk, hip-hop sur des rythmiques brésiliennes.

Son premier clip fait l’effet d’une bombe sur la jeunesse trans et noire du nord du Brésil.

Tout s’accélère après cette première vidéo et son premier album sort dans la foulée et l’année 2017 sera celle de la gloire de l’artiste, un succès considérable qui va s’étendre dès 2018 au monde entier à travers des concerts en Europe.

C’est alors que le film «  Bixa travesty  » est sélectionné à la Berlinade et couronné du Teddy Award du meilleur documentaire.

Claudia Priscilla et Kiko Goifman travaillent depuis longtemps sur les thématiques et problématiques LGBTQ. Il y a quatre ans, ils rencontrent Linn de Quebrada alors qu’elle participait à une performance collective. Ils tombent sous le charme et décident de faire un film. Un film qui sera plus un film avec Linn qu’un film sur Linn, un documentaire qui repose sur un matériel personnel, sur des images issues de son portable ou de celui d’amis, des sources de documentation précieuses.

A ce matériel s’ajoutent des éléments de sa vie quotidienne, ses rencontres amicales et professionnelles et le résultat du tournage de shows et performances sur scène.

« Bixa Travesty  » était un film indispensable dans le Brésil, ce pays qui a la communauté de personnes transgenres la plus importante au monde et qui se montre très violent à l’égard de ces personnes, aucune loi spécifique n’existant pour les protéger.

La période actuelle est la pire jamais vécue. Depuis la dernière élection, le machisme est officiellement de retour et le racisme est désormais institutionnalisé et pas seulement de la part de la justice.

Ce film est d’autant plus courageux qu’ il prend une dimension politique considérable....

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)