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un film de Jonathan King (Nouvelle Zélande)

"Black Sheep" sortie en salles le 19 mars

Henry est phobique des moutons. Sur les conseils de sa thérapeute, il décide de vendre à son frère ses parts de la ferme dont il a autrefois hérité. Pour cela il est obligé d’affronter une dernière fois la campagne et ses troupeaux. Il ignore tout des expériences génétiques qu’on opère sur les moutons. Alors qu’il arrive à la ferme, des militants écologiques libèrent un agneau mutant provoquant très vite un fléau qui va se répandre et transformer les placides ovins en redoutables prédateurs. L’image qu’on a de la Nouvelle-Zélande dans le monde entier repose sur deux clichés : les moutons et les paysages verdoyants. L’idée de Jonathan King a été de faire voler en éclats cette double image idyllique et les idées reçues. Des scènes violentes de carnage dans un décor vert et paisible avec des animaux synonymes de douceur, de placidité et réputés stupides devenus des monstres était une démarche exaltante. En réalité, les caractéristiques douces du mouton masquent une réelle puissance. Il a des sabots pointus, des dents fortes et ses yeux noirs rappellent ceux du lézard. Il suffit d’opérer très peu de modification sur l’agneau pour le transformer en monstre. C’est ce que fait Jonathan King. en imaginant un hybride de loup-garou et de mouton.
Pour une grande partie, l’intérêt du film réside dans la photographie de Richard Bluck qui avait participé entre autres au Seigneur des anneaux, à La légende de Zorro ou à King Kong, et dans la conception des créatures dues à Dave Esley qui fut au générique d’Alien 3, de Mission impossible ou d’Indiana Jones et de La dernière croisade. Le scénario est prétexte à poursuites, menaces répétées et autres scènes de déchiquetage plutôt attendues au cours desquelles persistent dans leurs convictions et s’affrontent des écolos angéliques et des scientifiques pervers. La morsure du mouton transformant la victime en monstre, seul l’antidote lui permet de retrouver son aspect initial. Les bons s’en sortent, pas les méchants. En attendant on s’est quelquefois accroché à son fauteuil. La meilleure preuve que le film a atteint son objectif : amuser et faire peur.
Francis Dubois

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