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Un film de Christophe Blanc (France)

"Blanc comme neige" Sortie en salles le 17 mars

Des trois fils de la famille, Maxime est celui qui a réussi. Il dirige une concession florissante de véhicules haut de gamme alors que les deux autres, Grégoire et Abel, qui se sont à plusieurs reprises lancés dans des tentatives aussi mirobolantes au départ que foireuses à l’arrivée, en sont au point mort avec, dans le moment, la gestion poussive d’un chenil.
Maxime est marié à une jeune femme superbe, Michèle, et père d’une petite fille, Camille.
Son associé, Simon, bon vivant amateur de jolies filles, est un homme extraverti quand Maxime est de nature plus réservée.
Le bonheur et la réussite sont au paroxysme quand s’engage le grain de sable. Des clients finlandais surviennent un beau jour et demandent à Simon le remboursement d’une livraison de voitures déficientes. Simon qui n’en est sans doute pas à son premier écart professionnel sait qu’il s’agit de malfrats prêts à tout. Il décide de partir quelque temps mais alors qu’il fuit, il est rattrapé par les trois hommes et meurt dans ce que tout le monde prend pour un accident. Privés de leur interlocuteur, les Finlandais se retournent contre Maxime qui, pour répondre à leurs menaces, fait appel à Grégoire et Abel…
Christophe Blanc réalise, en juxtaposant trois univers contrastés - l’image de la parfaite réussite sociale avec Maxime et son associé, la petite combine et la marginalité avec Grégoire et Abel et celui des malfrats prêts à tout - un film qui s’apparente aux classiques du genre tout en lorgnant du côté du côté du thriller familial et en cela, à l’univers de Claude Sautet. Les liens qui unissent les trois frères, leur mère, Michèle, Camille et Simon assimilé à l’occasion, vont dans le sens d’une tonalité d’échanges chaleureux et bon enfant qui savent, le moment venu, laisser de côté les conflits latents.
Et le personnage de Maxime a cela d’intéressant qu’il ne verse pas plus du côté du héros que du côté de l’anti-héros, pour rester, contre vents et marées, un être à hauteur d’homme, toujours égal à lui-même, gardant une part de dignité même lorsqu’il est confronté à des situations extrêmes et même si le récit respecte les codes émotionnels du film de genre : la tension, la peur, l’angoisse…

L’autre bonne idée du film est d’avoir joué sur le contraste de deux décors majeurs du film, celui bigarré, saturé, maritime de la région marseillaise et celui neigeux, forestier, obstrué par la brume de la Finlande où Maxime, pour mieux se fondre dans paysage, et échapper à ses poursuivants, se déleste de ses vêtements colorés pour ne plus porter que du noir et blanc. La Finlande revient-elle alors à la page blanche de la nouvelle vie de Maxime simplement entachée par la tache rouge de la blessure ?
A la fois fluide et dissonant, violent et chaleureux "Blanc comme neige" est un film réussi servi par un casting de haut vol. Mention spéciale à Jonathan Zaccaï qui compose avec le personnage d’Abel, une sorte de baba cool à retardement savoureux…
Francis Dubois

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