US magazine 785 du 19 janvier 2019

Blanquer ou le lycée au rabais !

À la rentrée prochaine, les lycées paieront un lourd tribut en matière de réduction de moyens. Non seulement il y aura moins de personnels pour encadrer les élèves, mais l’offre de formation sera réduite, contrairement à ce que répète à l’envi le ministre.

A l’heure où les lycées se débattent avec des moyens réduits pour préparer la rentrée prochaine, alors que la publication des programmes confirme les partis pris inacceptables du ministre, et que rien n’est précisé sur les épreuves du bac – dont certaines devraient avoir lieu dès l’an prochain –, le ministre n’hésite pourtant pas à qualifier ses détracteurs de « ventilateurs à angoisses ».

Le festival de l’intox

La communication ministérielle continue de dérouler mensonges et approximations pour tenter de museler les oppositions et d’intoxiquer l’opinion.Un récent communiqué de presse ministériel fait ainsi mention de 92 % de lycées publics qui proposeraient au moins sept spécialités. Et le ministre de se réjouir de ce « progrès » au regard des quelques 84 % qui offrent actuellement les trois séries de la voie générale. Chiffres à l’appui... alors que la carte des options n’est stabilisée nulle part, voire parfois inconnue ! Comment se satisfaire du fait que les 20 ou 30 combinaisons d’enseignements que croit voir le ministre remplacent la diversité de l’offre possible avec les séries actuelles (142 possibilités de parcours dans la série S, 87 en L et 66 en ES) ?

À l’impossible, nul n’est tenu !

Les faits sont têtus : les remontées académiques font partout état d’une réduction de l’offre de formation, encore à l’état d’affichage d’ailleurs et conditionnée à terme par des effectifs minimums (voir https://www.snes.edu/Specialites-et-options-effets-d-annonce-et-de-seuils.html). Les dotations horaires en peau de chagrin contraignent en effet les établissements à des arbitrages douloureux entre options et effectifs réduits. Sous le discours séduisant sur la liberté de choix, apparaît la réalité : tout est soumis à la contrainte budgétaire. Refuser un lycée au rabais est une urgence sociale !

Claire Guéville et Thierry Reygades

Voir www.snes.edu/IMG/pdf/point_sur_la_reforme_du_lycee_mis_a_jour_.pdf.

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