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Un film de Roschdy Zem (France)

"Bodybuilder" Sortie en salles le 1er octobre 2014.

A Lyon, Antoine, vingt ans, qui vit de petits trafics, s’est mis à dos une bande de voyous redoutables à qui il doit des sommes d’argent et qui sont prêts à en découdre.

Face aux menaces qui le contraignent à se cacher, son frère aîné et sa mère décident qu’il ira pour quelque temps, vivre chez son père qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années.

A son arrivée à Saint-Étienne, Antoine découvre que son géniteur tient une salle de musculation, qu’il s’est lui-même mis au culturisme et qu’il s’entraîne de façon intense en vue d’un concours de bodybuilding.

Les retrouvailles entre le père et le fils sont, dans un premier temps, houleuses. Elles deviendront, au fil des jours plus harmonieuses, à tel point que Vincent accepte d’embaucher Antoine dans la salle de musculation.

D’abord réticent, Antoine va progressivement apprendre à découvrir et à respecter les choix de son père.

Cinéma "Bodybuilder"

Roschdy Zem retrouve avec son film, tous les codes du cinéma intemporel, celui qui se contente de raconter une histoire soutenue par des personnages contrastés mais qui n’échappent pas toujours aux clichés.

Des Antoine, à peine sortis de l’adolescence et déjà englués dans les revers de petits trafics, le cinéma n’en a jamais été avare. Les grands frères qui ont opté pour la sagesse, une vie de famille, pleins de bon sens, on en connaît très bien les élans généreux.

Une mère laborieuse munie d’un solide bon sens et qui voit clair, ce ne serait qu’à peine une silhouette si ce n’était Dominique Reymond qui l’interprète.

Par contre, un père qui a pris le large depuis quelques années et qui s’est reconverti dans le bodybuilding, voilà qui est plutôt nouveau et c’est là que réside tout l’intérêt du film de Roschdy Zem. La découverte de cet univers étrange où, à travers la transformation des corps, des êtres retrouvent une sorte de sérénité.

Mais les séquences situés dans l’établissement relèveraient presque du documentaire et ce n’est pas le jeu un rien tâtonnant de Yolin François Gauvin qui peut donner l’épaisseur nécessaire au personnage de Vincent.

Roschdy n’a pas voulu réaliser un film de genre. Il a laissé de côté les problèmes d’Antoine et de la bande de voyous pour s’attacher en priorité aux retrouvailles d’un père et d’un fils longtemps séparés.

Il leur a tracé des chemins d’abord parallèles, leur a laissé dans un premier temps peu de chances de se rejoindre.

Au fossé générationnel s’ajoute l’activité professionnelle de Vincent qu’Antoine considère comme obsolète, appartenir à un monde à des lieues du sien ou de ce que devrait être le sien.

Les coups de sonnette d’alarme donné par le frère aîné (dont la vie rangée inspire peu Antoine) et par la mère (propriétaire d’un pressing) qui a toujours eu un comportement et un discours cohérents, vont sonner à l’oreille du garçon et l’amener à faire des concessions, saisir l’occasion quand le père lui tendra la main.

Même si, parallèlement à sa docilité apparente, il va commettre des larcins dans les vestiaires de l’établissement de son père pour rembourser ses dettes.

Si le film s’applique à construire de toutes pièces un attachement filial, Roschdy Zem, sans doute pour avoir été débordé par les clichés de départ, ne parvient que difficilement à convaincre.

Trop d’incohérences barrent le passage à une adhésion du spectateur à cette histoire sans grand relief et qui pour autant n’appartient pas à au récit intimiste.

Les comédiens semblent embarrassés. Vincent Rottiers qui joue pour la énième fois un grand adolescent révolté. Nicolas Duvauchelle qui voudrait donner un peu de consistance à un personnage d’aîné dévertébré et Marina Foïs en quarantenaire paumée aux cheveux rouges.

Au moment où le cinéma français semble se réveiller avec " Les combattants ", " Hippocrate " ou "Elle l’adore ", le film de Roschdy Zem fait pâle figure.

Francis Dubois

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