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Deux films de Yasujiro Ozu (Japon)

"Bonjour" 1959. "Fin d’automne" 1960. Sorties en salles en versions restaurées le 30 avril 2014.

La sortie en salles de deux films très représentatifs du travail du célèbre réalisateur japonais fait écho à la rétrospective de son œuvre qui se tiendra à la Cinémathèque du 25 avril au 23 mai 2014.

Ce qu’on peut dire avant tout de "Bonjour" qui date de 1959, c’est qu’il rompt totalement avec l’image du cinéaste véhiculée par des clichés à son propos qui l’ont souvent catalogué comme un ascète du cinéma, comme un adepte de la lenteur et des longs plans statiques.

"Bonjour " est une comédie vive, menée entre autres par un duo de jeunes comédiens (dont un très jeune) irrésistibles.

Dans une petite ville de la banlieue de Tokyo, les jours succèdent aux jours sans qu’aucun événement saillant ne vienne relever leur monotonie.

Les épouses s’occupent de leurs intérieurs, préparent les repas, papotent avec les voisines et trouvent à chaque fois matière à critiquer ou à jalouser quelqu’un du voisinage.

Les hommes se croisent au café du coin et se préoccupent de leur lointaine retraite.

Quant aux enfants, ils s’échappent de la maison à la première occasion et au lieu de faire leurs devoirs les uns chez les autres ainsi qu’ils l’annoncent, ils se rendent chez une voisine peu appréciée du quartier qui a l’avantage de posséder un poste de télévision.

Un soir, Minaru et Isamu pressent leurs parents d’acquérir un téléviseur mais se voient opposer un refus sans appel.

Par mesure de représailles, les deux frères décident de faire une grève de la parole.

Dorénavant ils ne communiqueront plus que par gestes.

La fantaisie et la minceur du sujet n’ont d’égal que la virtuosité avec laquelle Ozu mène son sujet pour en faire une comédie savoureuse.

Mais le divertissement qu’il propose n’est pas sans faire, à travers le portrait d’une vie de quartier, celui de la société japonaise de l’époque.

La légèreté et le regard plus grave qu’il pose sur ce microcosme sont appuyés par la beauté des cadrages et par une musique qui rythment de déroulement du temps.

" Fin d’automne" témoigne d’une autre facette du talent d’Ozu. Il y cerne un monde qui le préoccupe. L’amour, la vieillesse, la solitude y sont abordés avec infiniment de sensibilité et beaucoup d’élégance.

L’intrique n’est pas sans rappeler " Printemps tardif" (1949) l’un des plus gros succès du cinéaste.

Trois vieux amis se trouvent réunis à l’occasion d’une cérémonie en mémoire de leur ami Miwa, décédé quelques années auparavant.

Ils retrouvent ainsi Akiko, la veuve de Miwa dont ils ont été tous les trois amoureux dans leur jeunesse.

Ils découvrent sa fille, la jolie Ayako, maintenant en âge de se marier.

L’un des trois amis tente d’organiser la rencontre d’ Ayako avec l’un de ses employés. Mais Ayako n’est pas pressée de convoler…

L’humour joue sur l’attachement des trois compères aux valeurs traditionnelles face à une jeune fille qui est l’incarnation de la nouvelle génération de japonaises, modernes et occidentalisées.

Francis Dubois

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