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Un film de Gianni di Gegorio (Italie)

"Bons à rien" Sortie en salles le 18 février 2015.

Gianni n’a pas de chance. Quand il traverse une rue, il doit s’y reprendre à plusieurs fois, à chaque fois, empêché par un nouveau flot de voitures. Quand il traverse discrètement la cour de son immeuble, il est rappelé à l’ordre pour assister à la réunion de copropriétaires à laquelle il voulait échapper.

Et quand il arrive au bureau, il est convoqué par le directeur qui lui apprend qu’il ne prendra pas sa retraite dans un mois, comme c’était prévu, mais dans trois ans, selon un décret qui vient de paraître au journal officiel.

Anéanti par le coup dur assorti d’une restructuration qui l’oblige à rejoindre une annexe de l’entreprise en banlieue, il se retrouve entouré de sa fille affectueuse et condescendante, de son ex-femme autoritaire et de son beau-frère dentiste qui trouve à redire à sa dentition.

Et comme si ça ne suffisait pas, on lui souffle à l’oreille qu’il pourrait déménager pour être plus près de son lieu de travail et laisser son appartement devenu trop grand, à sa fille qui vient de convoler.

Cinéma : Bons à rien

Les premières scènes du film de Gianni de Grégorio laissent espérer une comédie de forme plutôt classique autour d’un personnage-pivot que les circonstances de la vie accablent et qui se débat comme il peut pour s’imposer et trouver sa place.

Mais bientôt le personnage et les situations auxquelles il est confronté s’épuisent et quand le film tourne un peu en rond, on ajoute dans la ronde un autre looser, le dépressif Marco, un collègue de Gianni, à qui rien ne réussit non plus.

Il est difficile de se prononcer sur ce film qui avance par à-coups et semble sans cesse être à la recherche de sa tonalité, qui la trouve parfois, puis perd le fil, pour le retrouver à nouveau.

Les personnages perdants, égarés dans une société qui les submerge et qui accumulent les bévues, chacune sensée produire une situation drôle voire burlesque, appartiennent à une vieille recette éprouvée.

Ici, les situations patinent souvent. Elles paraissent parfois tronquées, insuffisamment conduites à leur terme et cette impression de frustration empêche le spectateur de savourer le sens de la démarche qui semble relever du choix du cinéaste (qui est aussi l’interprète principal de son film.)

Faiblesse de scénario, gestion insuffisante des gags, interprétation trop discrète pour accéder au comique, personnages secondaires beaucoup trop soulignés face à des personnages principaux presqu’effacés ?

Il manque d’évidence quelque chose au film de Gianni Di Gregorio pour convaincre totalement.

Francis Dubois

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