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Un film de Bruno Deville (Suisse-Belgique)

"Bouboule" Sortie en salles le 5 novembre 2014.

On surnomme Kevin "Bouboule" parce qu’à 12 ans, il pèse plus de cent kilos.

Pour perdre du poids, il se rend trois fois par semaine à des séances d’aquagym ou s’épuise des heures durant sur son vélo.

Mais, sans cesse sollicité par son appétit, il ingurgite en cachette de sa mère, viennoiseries, boissons sucrées et autres pâtisseries.

A longueur de journée, confronté aux silhouettes longilignes de ses sœurs, de sa mère ou de son meilleur copain, il subit de surcroît les moqueries de ses camarades et entend les mises en garde du médecin qui le suit et qui lui dit, parlant de son cœur : "imagine une petit moteur de mobylette à qui on demanderait de tracter un char d’assaut"….

Privé de père, le jeune garçon vit entouré de présences féminines et doit exposer au regard des autres, son corps difforme dont il pense qu’il le privera plus tard d’une existence normale.

Lorsque Kévin rencontre Patrick, maître-chien et agent de sécurité, il n’a de cesse de l’approcher et de devenir son ami.

Après un temps d’hésitation, Patrick prend le garçon sous son aile protectrice et décide de l’initier aux méthodes de défense.

Dorénavant Kévin ne vivra plus que pour les moments passés avec Patrick, les séances d’entraînement et les enseignements que celui-ci lui prodigue.

Confronté comme son personnage à un problème de surpoids, le réalisateur, en plus des éléments que lui a fournis son expérience personnelle, a réalisé pour écrire le scénario de " Bouboule", un travail de recherche et de documentation dans des institutions qui prennent en charge des enfants et adolescents sujets à des risques cardiovasculaires liés à l’obésité.

Mais le film qu’il avait en projet ne devait pas être un documentaire.

Face à un jeune garçon en déficit de virilité, fragilisé par l’absence de père, il a imaginé le personnage de Patrick, vigile et maître-chien modèle ultra-masculin qui va permettre à Kevin, même sur des bases bancales voire dangereuses, de s’accepter et de se construire.

Cinéma : "Bouboule"

Cette histoire élaborée par Bruno Deville et Antoine Jaccoud son co-scénariste, prend toute la mesure du drame de Kevin en proposant cependant des tonalités narratives tour à tour légères, grinçantes ou cruelles. Un choix qui affranchit le film de la simple mise en fiction d’un problème de société ou d’un rendu autobiographique.

Les personnages sont drôles, attachants. Ils peuvent être ridicules, parfois franchement grotesques mais ils se tiennent tous, recherchant amour et reconnaissance, au service du rire et de l’émotion.

Un film touchant, sonnant souvent juste sur un sujet peu traité au cinéma.

Francis Dubois

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