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Un film de Marie-Castille Mention-Schaar (France)

"Bowling" Sortie en salles le 18 juillet 2012

Carhaix est une petite ville en plein cœur de la Bretagne. La maternité de l’hôpital, tombée sous le seuil d’une naissance par jour, est considérée en haut lieu comme non-rentable et très vite, sa suppression est annoncée. Le personnel de l’hôpital, le maire et bientôt une grande partie de la population se mobilisent et, au terme d’une longue lutte, finissent par obtenir le maintien du service.

Il s’agit au départ d’un fait réel survenu à la fin des années 2000 à Carhaix et la démarche louable d’en faire un film pose ici le problème de la forme à adopter.

Ce genre de sujet doit-il revenir de droit à un cinéaste documentariste qui travaillera sur la base d’interviews ou suivra le déroulement des événements pour en faire une œuvre témoin ?

Sachant qu’un documentaire, sauf exception, ne touche jamais un large public, qu’il est généralement vu par quelques milliers de spectateurs proches des milieux syndicalistes ou associatifs, déjà convaincus et acquis à la cause, n’est-il pas préférable, comme l’a fait Marie-Castille Mention-Schaar de construire autour de l’événement un film de fiction à destination du grand public et retraçant les grandes lignes du parcours ?

Le danger, dans le deuxième cas de figure, est que par un manque de rigueur narrative, le propos ne se dilue dans une démarche fictionnelle multipliant les risques, avec un scénario trop attractif et la présence de comédiennes trop connues pour incarner dans sa profonde vérité un événement politico-social.

Et ça ne manque pas. Marie-Castille Mentor-Shaar fonce à peu près dans tous les panneaux qui étaient à éviter. Un scénario convenu et des gags et rebondissements qui sont annoncés longtemps avant qu’ils ne surviennent. Des personnages sur mesure pour des comédiennes et non pas des comédiennes au service des personnages, et là chacune est dans la partition qu’elle a donnée maintes et maintes fois. La fonceuse et grande gueule au bon cœur (c’est Mathilde Seigner), la bourgeoise pince-sans-rire dont la rigueur de façade s’effrite au fil des événements (C’est Catherine Frot), l’antillaise joviale, généreuse et efficace (c’est Firmine Richard).

Le bowling s’ajoute et ce n’était pas au départ une mauvaise idée. Lieu de convivialité qui souligne l’esprit de camaraderie et peut paraître typiquement provincial, il se trouvait associé à la lutte. Mais lorsque Marie-Castille Mention-Schaar nous sert en parallèle le suspense du championnat de bowling et celui du débat au sein du conseil régional qui doit décider de la fermeture ou du maintien de la maternité, on est dans un domaine grand-guignolesque qui nous éloigne complètement du sujet de départ.

"Bowling" ne restera pas dans les annales. Il fera peut-être un succès en salles mais gageons que le public qui s’en tiendra aux pirouettes scénaristiques, aux gags et aux "numéros" d’actrices, ne verra pas dans ce médiocre "téléfilm" la moindre démarche d’une lutte militante.

Passons….

Francis Dubois

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