Année 2018-2019

Branle bas de combat ! (Reims)

L’an prochain c’est réforme du lycée ! Les hussards noirs de la République appelés à mettre en œuvre cette énième « réforme qui doit tout changer » sont convoqués le mardi 5 juin dernier pour recevoir la bonne parole sur la mise en œuvre de l’Accompagnement Personnalisé l’an prochain. Problème, les textes officiels ne sont pas sortis... Que faire ? Que dire aux enseignants de lycée de l’académie réunis à Troyes, Reims et Charleville ? La logique aurait voulu que ce stage soit annulé, puisque les informations précises venues du ministère manquent cruellement (comme c’est bien souvent le cas). Annuler ce stage ? Que nenni ! Il est bien connu que les enseignants de lycée disposent de beaucoup de temps libre début juin. Après tout, ils n’ont que leurs programmes à finir, les bulletins et les livrets à remplir et les conseils de classe à mener. Nulles doutes qu’une exégèse des intentions du ministère, s’appuyant sur les textes désormais périmés de 2010 et associant des conseils pédagogiques généraux rempliront utilement la journée et justifieront que l’on fasse venir des enseignants du fin fond des départements.

Il y a encore quelques années, le public enseignant subissait stoïquement ce type de journée, ponctuant parfois les interventions de soupirs discrets. Il s’en retournait ensuite dans son lycée, pestant contre la perte de temps que représentaient de telles « formations ». Effets des pénibles J1, J2, J3 de la réforme des collège aujourd’hui moribonde ? Cette période de résignation passive est désormais révolue. Des remarques acides sont lancés aux intervenants, remettant en cause de façon plus ou moins aimable le fond et la forme de ce « stage ». A dire vrai, le principal responsable de cette journée gâchée est le ministère, capable d’annoncer des réformes mais inapte à les anticiper, incapable de publier des directives début juin pour une refonte qui intervient début septembre. Il est probable que les textes tant attendus sortiront en juillet, à un moment où toute préparation de ce nouvel « AP » sera impossible. Il est également certain que, comme à chaque réforme, les collègues devront se débrouiller par eux-même pour faire tourner tant bien que mal une nouvelle usine à gaz. Ce genre de « formation » représente donc à l’évidence une perte de temps, mais c’est aussi un gaspillage des deniers publics. Combien coûte une telle journée en terme de frais de déplacement ? Ces dépenses s’imposent-elles alors que certains stagiaires doivent payer de leur poche des déplacements dans le cadre de leur formation faute de prise en charge par le rectorat ?

Il est hors de question de remettre en cause la formation des enseignants, bien au contraire ! Il est cependant utile de rappeler que la Formation Continue des Adultes s’adresse, comme son nom l’indique, à un public adulte.

François BELLEIL

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