Budget 2020

Budget 2020 : services publics abandonnés.

Le budget 2020 entre en débat à l’assemblée. Le gouvernement prétend répondre aux besoins exprimés par la société par la réduction de l’impôt tout en confirmant l’objectif de réduction de la dépense publique. Il poursuit en réalité une réduction drastique du périmètre d’intervention de l’État et de ses services publics. Cette politique ne répondra en rien aux besoins réels du pays.

Réduction d’impôts : pour qui ?

10,2 milliards (Mds) de baisse des prélèvements obligatoires sont prévus : 9,3 pour les ménages (impôt sur le revenu, suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages), défiscalisation des heures supplémentaires.

La baisse de l’impôt sur le revenu ne bénéficiera pas au plus modestes exonérés et peu aux classes moyennes. Les 22 millions de français qui touchent moins 1 230 € par mois n’auront pas un euro de pouvoir d’achat en plus et seront les plus touchés par l’appauvrissement des services publics. Ceux qui gagnent par exemple plus de 6500 € paieront moins d’impôts.

Pour les entreprises, la baisse de l’impôt sur les sociétés (1 Md) s’inscrit dans le temps long des exonérations multiples et coûteuses. La Cour des comptes constate que les allégements de cotisations sociales ont cru de 26 Mds entre 2013 et 2019 dont 18 Mds au seul titre de la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi en allégements de charges en 2019 !

Dans quel État ?

Le gouvernement aurait dû, au contraire, profiter de la baisse des taux d’intérêt pour pousser l’investissement public social et écologique. Mais aucun investissement sérieux n’est programmé sur des sujets aussi cruciaux que l’agriculture (budget stable, moins 60 emplois) et la transition écologique (+ 12 millions, moins 1073 emplois).

Les protections sociales sont affaiblies : assurance-maladie, collectivités locales et assurance-chômage seront particulièrement mises à contribution pour freiner la progression des dépenses publiques.

L’objectif de 50.000 suppressions de postes dans la fonction publique d’État sur le quinquennat a été ramené à 10.500. Seules 47 suppressions devraient survenir dans la sphère de l’État, soit un total de 5 871 depuis 2018. Le nombre d’emplois progresse à l’Intérieur (+1 347) et à la Justice (+1 520).

Éducation : une priorité, vraiment ?

Le budget du ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse passe de 51,68 Mds à 52,7 Mds soit une hausse de 2% à peine plus que le budget total des ministères (+1.8%).
Dans le premier degré, les créations d’emplois 2018 et 2019 n’ont pas permis les dédoublements annoncés sans dégradation d’autres dispositifs et redéploiements d’emplois. La création de 440 emplois cette année y est donc très insuffisante alors qu’il faut poursuivre les dédoublements et assurer la promesse de classes à 24.

Dans le second degré
440 suppressions d’emplois d’enseignants en 2020 portent à 6 290 les suppressions sur 2018-2019-2020, pendant que les effectifs d’élèves auront augmenté de 99 300 élèves.

Cette austérité pèse lourd sur les conditions d’étude des élèves. Elle pèse aussi sur les personnels qui en plus de voir les effectifs de classe augmenter ont des salaires indignes et sont contraints d’accepter des heures supplémentaires.
Il n’est prévu aucune création de postes de CPE, d’AED, d’assistants sociaux, de psychologues de l’Éducation nationale, d’infirmiers, de médecins scolaires, d’agents administratifs.

Quant aux rémunérations, rien à l’horizon. La revalorisation de la prime REP+ ne touche qu’une infime partie des enseignants. La mise en œuvre du 3ème volet du PPCR n’est que l’application d’une décision, déjà insuffisante, prise il y a 4 ans et repoussée d’un an par le nouveau gouvernement dès son arrivée.

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