Budget et rentrée 2019

Budget : perseverare diabolicum

Les premières annonces sur le budget de l’État 2019 sont égales à ce que l’on attendait. Alors que les chiffres de la croissance, en berne (1,9 % attendus, 1,7 réalisés), attestent de leur inefficacité, le gouvernement poursuit les mêmes tropismes idéologiques : réduire la dépense publique utile à tout le pays, ouvrir les vannes pour les plus riches et la finance.

Plan pauvreté payé… par les pauvres.

L’aide personnalisée au logement (APL), les allocations familiales et les pensions de retraite seront désindexées de l’inflation : + 0,3 % par an en 2019 et 2020 contre environ 1,6% pour l’inflation.

La nouvelle baisse des contrats aidés,130 000 en 2018, 100 000 en 2019, permet d’économiser 195 millions, somme bien supérieure au coût de création de 100 000 « contrats d’insertion par l’activité » sur 5 ans.

Le plan pauvreté n’est donc que l’habillage de redéploiements : baisser les aides sociales de 3 milliards par an et annoncer un « plan pauvreté » de 8 milliards sur quatre ans est bien dans la ligne générale antisociale qui s’accompagne d’une défiance et mise sous contrôle des plus précaires.

Rappelons que la suppression de l’ISF va soustraire au pays 16 milliards sur le quinquennat et sur la seule année 2019, le versement du CICE cumulé aux baisses de cotisations va rapporter 38 milliards aux entreprises.

Le second degré passe à la caisse.

Pour l’Éducation nationale, le budget devrait passer de 51,5 à 52,1 milliards.
C’est en fait une baisse, en raison de l’inflation attendue (+1,5%i) bien supérieure au 1 % d’augmentation du budget. Or, l’évolution "naturelle" de la masse salariale, avec les évolutions de carrière normales, impose à périmètre constant une hausse nettement supérieure à l’inflation.
Il est désormais clair que les projets de "personnalisation" des carrières, la reconnaissance du "mérite", la contractualisation vont être les outils de cette réalité budgétaire. La réforme du collège continuée et celle du lycée annoncée, y prennent leur part en permettant de supprimer des emplois.

Le gouvernement avait inscrit dans la loi de finances 2018 un solde de suppression de 50 000 emplois de fonctionnaires d’État d’ici 2022 comprenant la création de 16 000 emplois dans la Sécurité et la Justice.
Dans ces conditions l’Éducation Nationale, qui compte un peu moins de la moitié des emplois de la Fonction publique d’État, ne peut échapper à la saignée.
Déjà l’an dernier J-M. Blanquer a laissé croire que la suppression de 1300 emplois de stagiaire serait indolore.

Cette année, il tente une autre stratégie de communication, en laissant filtrer dans la presse son soi-disant « bras de fer » avec le ministre du budget, quand se profile le choix de 1 800 nouvelles suppressions d’emplois dont le seul second degré supportera le poids. Le ministre prétend, pour compenser les suppressions, augmenter le temps de travail en imposant une seconde heure supplémentaire !
Cela constituerait une attaque inacceptable contre nos statuts.

Quand 35 ans d’austérité et de politiques libérales de l’offre ont démontré leur inefficacité économique et sociale, il est temps de changer de cap en donnant, par exemple, la priorité à l’investissement dans les services publics créateurs de valeur ajoutée, de qualifications et de cohésion sociale.

Grégory Frackowiak

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