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Un film de Virginie Despentes (France)

"Bye bye Blondie" Sortie en salles le 21 mars 2012

Gloria et Frances se sont connues à l’adolescence. L’une était punk et l’autre une fille de bonne famille en révolte. Leur attirance l’une pour l’autre, l’histoire d’amour qui a fait suite avait une part évidente de sincérité mais appartenait aussi à l’opposition à leurs familles. Ensemble elles ont connu la drogue, le sexe, les squats, la période punk.

Frances est devenue une présentatrice de télé célèbre. Elle a épousé un écrivain en vue qui a amené sous leur toit un jeune éphèbe pour qui il a quelques tendresses.

Gloria, qui a mené une existence chaotique et évolue dans le milieu artistique marginal, est restée un être révolté.

Vingt-cinq ans plus tard Frances et Gloria se retrouvent. Elles reprennent leur relation là où elles l’avaient laissée, avec la même passion. Frances invite Gloria à venir s’installer chez elle…

Pour le film, Virginie Despentes a adapté son roman éponyme en y apportant une modification de taille : la féminisation du protagoniste masculin, faisant d’une liaison au départ hétérosexuelle, une liaison homosexuelle.

La réputation sulfureuse de l’écrivaine pouvait laisser présager que son choix irait dans le sens d’une narration provocatrice.

Il n’en est rien et les élans fougueux de la passion retrouvée se réduisent à des caresses hors de toute nudité, empreints d’une sagesse et d’une pudeur presque dérangeantes.

Virginie Despentes a-t-elle voulu se débarrasser de la part de provocation qu’on lui attribue, revenir pour son second film après "Baise-moi", à plus de mesure, adopter une construction et un ton filmiques plus académiques.

Le film se laisse voir mais une des faiblesses de la réalisatrice est d’avoir trop insisté sur la période d’adolescence des deux protagonistes. Non seulement les séquences sont longues et souvent redondantes, mais elle les alterne avec celles de la période adulte avec une régularité qui finit par mettre le film sur le rail de la monotonie.

Virginie Despentes avait eu, depuis la naissance du projet, l’idée de proposer à Béatrice Dalle le rôle de Gloria. Son choix était pertinent et la présence de la comédienne est un des atouts majeurs du film. Elle y impose avec détermination sa silhouette épaissie et garde ce charme singulier fait de majesté et d’une pointe de vulgarité.

Face à elle, Emmanuelle Béart est une Frances douce et déterminée.

Pascal Greggory en jouant le personnage de l’écrivain de façon décalée et drôle est un contre-point, une sorte de soupape dans un ensemble un peu conventionnel.

Même si on en vient à regretter que Virginie Despentes n’ait pas fait preuve de plus d’audace, qu’elle n’ait pas donné plus de fougue à un récit qui s’y prêtait, le film, grâce à la présence des comédiens auxquels il faut ajouter les noms de Soko et de Clara Ponsot, et à quelques moments inspirés, n’est pas sans intérêt.

Francis Dubois

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