Actualité théâtrale

Au théâtre du Rond-Point, jusqu’au 30 décembre 2016 à 21 heures

"C’est Noël, tant pis" Texte, mise en scène et chansons Pierre Notte.

C’est Noël. Le père, juché sur un tabouret en équilibre instable, s’apprête à apporter la dernière touche à la décoration du sapin.

La mère, elle, a une autre idée en tête et voudrait bien satisfaire une pulsion sexuelle qui lui est venue d’un coup. Rabrouée par son mari, elle bougonne, se renfrogne.

Sur ces entrefaites, on sonne à la porte et c’est les deux garçons flanqués de la bru (la pièce rapportée) mais voilà qu’ils ont oublié les entrées dont ils devaient se charger et qu’en guise de bûche, il faudra faire avec une galette des rois parce que la pâte d’amande allait dépasser la date de préemption…

Et la grand-mère dans tout ça ? Elle n’est plus dans sa chambre. Où a-t-elle bien pu passer ?

Théâtre : C'est Noël, tant pis

Le ton est donné dès les premières minutes et le spectacle, pendant une heure et demie, ne cessera de multiplier les situations saugrenues à un rythme effréné pour accompagner cette famille pas tout à fait comme une autre, mais presque, où tout sera à la fois source de conflits, de témoignages d’affection et de bonne humeur, de bouderies et d’emportements.

Pierre Notte a écrit un texte serré, jubilatoire, complètement déjanté, parfois un peu fourre-tout qu’accompagne une mise en scène étourdissante (parfois à peine trop).

Les interprètes saisissent la balle au bond. Ils s’en donnent à cœur-joie dans une sorte de ping-pong ininterrompu, vachard et tendre, potache et grave où les parenthèses de répliques récurrentes font mouche comme les redites, les reprises des erreurs de syntaxe ou de vocabulaire, les insanités, les remarques irrévérencieuses qui fusent avec une belle insolence.

Ni le texte, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens, le tout au triple galop, ne laissent le temps de porter le moindre jugement restrictif sur le spectacle.

Et si, après coup, on se laisse aller à quelques réserves sur le texte, la mise en scène, le jeu des acteurs, c’est qu’on est un peu pointilleux, coupeur de cheveux en quatre, pas très bon joueur.

C’est joyeux, insolent, débordant et en ces temps moroses où on ne sait pas trop comment seront nos prochains noëls, prenons celui-là en l’état.

Et n’ajoutons surtout pas "tant pis" à notre plaisir !

Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 44 95 98 21 / www.theatredurondpoint.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La mégère apprivoisée »
    Un jeune homme Lucentio arrive à Padoue avec son valet, aperçoit une jeune fille fort jolie et en tombe amoureux. Mais le père de Bianca a décidé qu’elle ne pourrait se marier que lorsqu’un mari se... Lire la suite (24 janvier)
  • « Dom Juan ou le festin de pierre »
    Une adaptation du mythe de Don Juan et du texte de Molière d’une originalité et d’une force qui éveillent la réflexion et l’émotion. Même si Don Juan est un séducteur habile, il est loin de n’être que... Lire la suite (23 janvier)
  • « Comparution immédiate II : une loterie nationale ? »
    Plusieurs pièces se sont attachées ces derniers mois au spectacle des prétoires. Ce qui s’y passe ressemble souvent à du théâtre, les prévenus comme les avocats, le procureur et les juges se mettant en... Lire la suite (21 janvier)
  • « Le reste vous le connaissez par le cinéma »
    Présentée en juillet dernier au festival d’Avignon, cette version contemporaine des Phéniciennes d’Euripide, écrite par l’auteur britannique Martin Crimp et mise en scène par Daniel Jeanneteau, est... Lire la suite (20 janvier)
  • « Une histoire d’amour »
    Justine sort d’une histoire d’amour avec un garçon et tombe amoureuse de Katia, un amour brûlant. Justine veut un enfant, Katia trop blessée par la vie est très réticente. L’enthousiasme de Justine... Lire la suite (19 janvier)