Evaluation des personnels

CPE : une seule évaluation, celle du chef d’établissement

Une seule notation administrative qui a des effets sur la carrière ; une évaluation sans référence aux missions statutaires...

Une seule notation administrative

La notation des CPE de 0 à 20 est annuelle et administrative, avec une appréciation générale sur la manière de servir. Elle est établie par le recteur sur proposition du chef d’établissement et de l’inspection mais cette dernière n’y prend pas une part active. Une grille de notation nationale en constitue la référence. Pour le 1er échelon, la note minimale est 15, la note maximale de 20 peut être atteinte dès le 7ème échelon.

Ses effets sur la carrière

Elle est discriminante au début de la carrière puis bon nombre de CPE atteignent le maximum entre le 8ème et le 10ème échelon, c’est alors l’ancienneté ou l’âge qui deviennent des critères de départage lors de l’avancement d’échelon.

En cas de contestation

Au vu des rapports des chefs d’établissement qui accompagnent les contestations de note, les commissaires paritaires constatent le plus souvent un écart d’appréciation entre les attentes du chef d’établissement et l’exercice statutaire du métier. Au cœur des conflits, se nichent des approches contradictoires voire antinomiques du métier, des injonctions à l’implication dans l’équipe de direction (bien que le CPE n’en fasse pas partie), des tensions face à des missions déléguées et refusées, une disponibilité demandée qui excède l’emploi du temps ou un relationnel difficile d’autant plus tendu quand le CPE est seul dans l’établissement.

Une évaluation sans référence aux missions statutaires

Y aurait-il autant de critères d’évaluation, autant de représentations de ce que doit être un « bon » CPE que de chefs d’établissement ? C’est un fait démontré par une étude du CEREQ [*]. Les chefs d’établissement «  pèsent de façon décisive sur la façon dont les CPE mettent en œuvre leur métier  » et «  leurs conditions d’exercice sont particulièrement largement tributaires de la relation qu’ils doivent construire avec les chefs d’établissement  ». Elle reflète trop souvent la qualité des relations établies avec la direction.

Quand l’inspection est une visite

Les CPE sont très peu inspectés, plutôt « visités », l’inspection donne lieu à un rapport sans note « pédagogique ». Les occasions sont rares, lors de la titularisation, ou de situations conflictuelles avec la direction. Dans ce dernier cas, les collègues témoignent très souvent d’un parti pris de l’IPR en faveur de la hiérarchie. Selon les académies, l’accès à la hors classe peut être aussi un motif de visite.

L’Inspection générale EVS a élaboré récemment un protocole d’inspection, outil à l’usage des IPR afin, selon elle, de favoriser et d’harmoniser les pratiques d’évaluation des CPE. Les items retenus sont relativement éloignés de la circulaire de missions. Dans ce catalogue, l’accompagnement des réformes y est en bonne place au détriment de missions plus « traditionnelles », la place fonctionnelle du CPE est mise en avant au détriment de son rôle éducatif. Le dispositif de l’inspection se rapproche de celui des enseignants mais se clôt par un entretien avec le chef d’établissement, son adjoint et le CPE qui peut ressembler à une confrontation.

Pour une double évaluation et pour une inspection spécifique d’éducation

Comme nous l’avons constaté, la notation administrative se décroche bien souvent du métier et n’en reflète pas la complexité. Trop subjective et infantilisante, elle soumet des collègues à l’arbitraire. Si elle se doublait d’une inspection par des IPR issus du corps, ayant une fine connaissance du métier, elle pourrait se construire sur des critères professionnels partagés, permettre le conseil et l’expertise, définir des contenus de formation initiale et continue, sortir de la triple entrée actuelle des IPR (direction, documentation et éducation). Le SNES revendique pour les CPE cette double notation, administrative par le chef d’établissement et « pédagogique » par une inspection spécifique d’éducation issue du corps.

Notes

[*Cereq, Bref n°242, juin 2007, CPE : un métier au cœur des enjeux sociaux

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