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Un film de Fanny Ardant (France)

"Cadences obstinées" Sortie en salles le 8 janvier 2014.

Margo abandonne sa brillante carrière de violoncelliste pour se consacrer à Furio, l’homme qu’elle aime.

Mais au même moment, Furio s’engage comme chef de travaux pour diriger la transformation d’un vieil immeuble en hôtel de luxe.

Les délais qui lui sont imposés par Carmine, un commanditaire véreux, les difficultés qu’il rencontre dans la réalisation des travaux, ne vont lui laisser guère de temps à consacrer à Margo.

Se sentant délaissée à un moment où son amour culmine, elle va hésiter entre répondre à la tendresse de Mattia, un collaborateur de Furio, ou retrouver le violoncelle et les concerts, encouragée dans ce sens par son ancien professeur…

On peut résumer ainsi " Cadences obstinées" mais aucun texte de synopsis ne rendra jamais, sans le trahir, les atmosphères, les couleurs, les lumières qui font le charme du film.

Fanny Ardant donne d’entrée à son récit une coloration mystérieuse dont elle ne se départira pas et qui en sera le fil conducteur.

Il y a la réalité des faits. La démonstration est faite qu’on n’aime jamais de la même façon en même temps.

Mais si le film respecte à la lettre cette trame narrative, il est pour l’essentiel, ailleurs.

Il est dans l’intemporel, dans la non définition de la ville, du pays où se situe l’action, renforcé en cela par une distribution qui regroupe des comédiens italiens, portugais, hollandais et français.

Il est dans les décors (essentiellement l’intérieur du bâtiment, très peu d’extérieurs) dans les cadrages très précis mais jamais "appliqués", le travail sur les couleurs (les personnages sont pour la plupart vêtus de noir, quelques touches vives tranchent avec un ensemble neutre et dont on garde une impression de gris). Le travail sur les éclairages, sur la musique…

Il est dans le traitement des sentiments, dans le contraste entre leur violence et leur douceur.

Fanny Ardant réalise avec "Cadences obstinées" (le titre du film ne reflète en rien la forme et le contenu et risque de décourager le public) un film d’une époustouflante beauté, un film pictural qui n’est jamais esthétisant, pas plus qu’il n’est un exercice de style mais un film de "chair et d’os" de sentiments et de passion avec ici et là, des airs de thriller.

Bravo au talent et au courage de Fanny Ardant. Bravo à Paulo Branco qui, en tant que producteur, a permis à ce film d’exister.

Francis Dubois

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