Articles parus dans l’US

Calais : Et maintenant ? L’US MAG - Supplément au n° 765 du 15 octobre 2016

Et maintenant ?

L’évacuation de la « jungle » de Calais est terminée.
Les migrants ont rejoint les 450 centres
d’accueil et d’orientation (CAO) répartis sur le
territoire français. Dans ces lieux provisoires, ils
sauront s’ils ont le droit de demander l’asile en
France. Pour les autres, qui se retrouvent en centres
de rétention administrative (CRA), l’avenir est
incertain, explique la Cimade. Car le respect de
leurs droits n’est pas au rendez-vous.

Histoire sans fin...

Concernant les mineurs, douze associations (Solidarité
laïque, Emmaüs, le Secours catholique...) ont
protesté contre le traitement de ces enfants en danger
considérés d’abord comme n’importe quel
migrant au mépris du dispositif législatif : prise en
charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), accompagnement
éducatif, juridique et psychosocial...
Les 1 500 mineurs de la jungle ont été emmenés dans les
CAO pour mineurs isolés étrangers.
Le GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés)
dénonce une dispersion dans des lieux « improvisés »
et « inadaptés à l’accueil de personnes mineures »
et ce, « sans concertation avec l’autorité judiciaire
ni avec les services de l’aide sociale à l’enfance ».
Officiellement, tout est réglé : le gouvernement
parle de personnes « mises à l’abri » et de
233 migrants accueillis au Royaume-Uni. Mais
l’opération « humanitaire » improvisée ne saurait
résoudre une situation globale. Les migrants, qui ont
afflué dans un premier temps à Paris, place Stalingrad,
ont été depuis envoyés vers des solutions provisoires.
Il s’agit en fait de les rendre invisibles. Dans
les CAO-MIE, des jeunes ont déjà fugué. « Les
migrants reviendront au printemps », lâche un CRS
de Calais, probablement dans des squats ou des
abris de fortune car rien n’est résolu pour eux.
Conflits et crises vont continuer à jeter sur les routes
un nombre toujours plus important de réfugiés à
Calais et ailleurs. Le gouvernement ne veut plus de
camps, à juste titre, mais pourquoi les mesures
nécessaires n’ont-elles pas été prises avant pour
empêcher leur formation en accompagnant dignement
ces millions de personnes ? À quand une politique
d’immigration respectueuse des droits, à commencer
par le droit à la circulation ? Une politique
qui assure un accueil véritable à ceux qui veulent
s’installer en France ?

Marylène Cahouet

Autres articles de la rubrique Articles parus dans l’US

  • Migrants : Droits maritimes bafoués
    L’été s’est encore révélé meurtrier en Méditerranée. Les États européens n’appliquent toujours pas les droits maritimes essentiels et refusent les naufragés secourus. Ces derniers, des enfants en bas âge,... Lire la suite (3 septembre)
  • Enfance : dans les limbes
    La loi Schiappa sur la protection de l’enfance fait l’unanimité... contre elle. Fait rarissime dans un domaine où tous les acteurs œuvrent généralement dans un but commun, les associations... Lire la suite (3 septembre)
  • Lyon : Capitale de l’extrême droite
    Cette image déplorable surgit à nouveau dans les médias. L’annonce par Marion Maréchal de l’implantation de son institut de science politique, la tenue du bureau du FN le 1er juin, sont un symbole.... Lire la suite (5 juillet)
  • Violences policières : manifester est un droit
    En mai dernier, une grenade dite assourdissante arrachait la main d’un militant sur la ZAD de Notre-Dame-des- Landes. Son nom s’ajoute à la longue liste des militants gravement blessés lors de... Lire la suite (5 juillet)
  • Marche des fiertés 2018 : rester mobilisé-e-s !
    Mai, juin, juillet sont les trois mois des marches des fiertés partout en France. Revendiquant l’égalité (PMA pour toutes), combattant les violences, ces marches sont l’occasion de rappeler que... Lire la suite (5 juillet)