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Un film de John Michael McDonagh (Irlande – Royaune Uni)

"Calvary" Sortie en salles le 26 novembre 2014.

Au cours de sa confession, un mystérieux paroissien profère au Père James qui l’écoute, des menaces de mort.

Alors qu’il était enfant, il dit avoir été violé cinq années durant par un prêtre aujourd’hui décédé.

Il a pris la décision de faire payer aujourd’hui la faute du violeur au Père James.

Le rendez-vous qui doit se solder par l’assassinat du prêtre est fixé au dimanche suivant, sur la plage.

S’il continue à vaquer à ses occupations, à s’occuper de sa fille et à porter aide aux membres de sa paroisse confrontés à des degrés différents à des problèmes moralement offensants, il sent, à mesure que l’échéance se rapproche, des forces obscures le menacer et la question se pose pour lui, de savoir s’il aura, le moment venu, le courage d’affronter son propre calvaire.

Au cours des sept jours qui restent, il va tenter de faire amende honorable et de repérer parmi les suspects possibles, l’auteur de la menace. Serait-ce le médecin athée, le spéculateur financier, un mari jaloux…

Qui, dans l’entourage, aurait assez de raisons de lui en vouloir au point d’attenter à la vie du prêtre au moment où celui-ci s’interroge sur son passé, sur le choix qu’il a fait, la force de sa vocation et sur le sens de son existence.

" Calvary " explore des émotions complexes qui se font jour et interrogent sur la question de la moralité. Les raisons de sa mort prochaine tiennent-elles à des faiblesses de comportement dont il s’est rendu coupable ou bien le Père James sert-il de bouc émissaire ?

Cinéma : "Calvary"

L’histoire respecte les codes du thriller mais à l’inverse d’un policier traditionnel ici, le crime n’a pas encore été commis et le compte à rebours fait référence aux cinq étapes du deuil établies par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross qui sont : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.

Dans ce deuxième film de John Michael McDonagh se retrouve l’essentiel du casting de "L’Irlandais " qui a valu à Brendan Gleeson d’être cité au Golden Globe.

"Calvary " est un film brillant, étrange et envoûtant, fonctionnant sur les atmosphères créées en grande partie par les décors, et qui bénéficie d’une trame narrative atypique.

Si la galerie des portraits qui accompagnent le personnage du prêtre au cours des sept jours fatidique, représentent autant de figures tourmentées, cyniques, nihilistes ou hédonistes des temps modernes, et si chacun existe par sa singularité, ils sont surtout conçus pour entretenir tous ensemble, une atmosphère de doute et de menace.

Avec ce personnage de colosse fragile aux prises avec sa conscience et ses peurs, Brendan Gleeson réussit dans la demi-teinte, avec des accents de modestie et d’humilité, une superbe performance d’acteur.

Un film singulier et troublant.

Francis Dubois

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