Actualité théâtrale

Jusqu’au 22 novembre au Théâtre du Lucernaire

« Camille, Camille, Camille », de Sophie Jabes Mise en scène : Marie Montegani

La pièce écrite par Sophie Jabès met en scène trois âges de la vie de Camille Claudel. Quand elle commence, Camille au seuil de sa mort, est assise sur un banc à l’asile de Mauvergues,

où cela fait plus de trente ans qu’elle est internée. Elle parle de sa vie, de tous ceux qui ne l’ont pas assez aimée, Rodin qui l’a abandonnée, sa mère qui ne lui écrit pas, son frère dont les visites sont si rares. Dans un second temps ce sera Camille à la veille de son internement, quelques jours après la mort de son père qui l’avait toujours soutenue. Elle maudit Rodin qui l’a abandonnée, veut détruire « tous ses enfants » avant de partir et sombre peu à peu dans la folie. Dans le troisième tableau, c’est la Camille jeune, fougueuse, déterminée, follement amoureuse de Rodin et sûre de son talent qui occupe la scène. Enfin les trois femmes vont se rejoindre, se reconnaître et marcher vers leur destin.

Sur la scène, Marie Montegani, la metteure en scène a délimité trois espaces où se placent chacune des trois Camille. Elles sont toujours là, mais chacune baisse la tête, se fait invisible quand une autre prend la parole, jusqu’à la scène finale où les trois se rejoignent et se parlent comme dans la sculpture des Causeuses . En fond de scène des projections laissent apparaître un étrange enfant messager de la mort qui fait songer à Petite châtelaine et des fragments de sculptures de Camille Claudel qui ont survécu à sa folie destructrice. La musique rappelle les inspirations de l’époque, Debussy, le Japon.
Théâtre : Camille, Camille, Camille
Vanessa Fonte est la jeune Camille, impatiente, fiévreuse, qui affirme son désir d’être libre, aimée et célèbre. Elle est superbe. Nathalie Boutefeu incarne la Camille pleine de révolte, que son amour-haine pour Rodin, la solitude et l’absence d’amour et de reconnaissance sont en train de conduire à la folie. Clémentine Yelnick est touchante en Camille vieille, internée, solitaire et dévastée par le manque d’amour.

On ne peut rêver plus bel hommage à cette artiste d’exception que fut Camille Claudel, un écho à la vie de celle qui écrivit : « Ma vie est un roman, même une épopée. Je suis tombée dans le gouffre. Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar ».

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 18h30

Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs, 75006 PARIS

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 44 57 34

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Rabelais »
    En 1968 Jean-Louis Barrault était prêt à monter à l’Odéon, théâtre qu’il dirigeait, un spectacle sur Rabelais, qui ne s’en tenait pas qu’à Gargantua et Pantagruel mais puisait aussi dans le Tiers, le... Lire la suite (12 décembre)
  • « Jusqu’ici tout va bien »
    Tout le monde a le souvenir d’un de ces repas de Noël où tout part en vrille. À la faveur de ce repas, souvent fort long et bien arrosé censé montrer l’amour que l’on porte à sa famille, il arrive que... Lire la suite (12 décembre)
  • « J’ai des doutes »
    François Morel a eu envie d’aller au paradis rendre visite à Raymond Devos. Cela commence par la petite musique de la chanson Le clown est mort et sur un grand coup de tonnerre Dieu-François Morel... Lire la suite (10 décembre)
  • « Europa (esperanza) »
    Sur une plage d’Alger deux jeunes, Nader et Djamel, 14 ans et 12 ans et demi discutent. Ils voient juste en face « l’Europe lascive Babylone ». De cette Europe ils n’ont qu’une miette, un portable, «... Lire la suite (9 décembre)
  • Des reprises
    La fin de l’homme rouge Reprise à L’Atalante, 10 place Charles Dullin, 75018 Paris du 3 janvier au 3 février Réservations 01 46 06 11 90 Deux parties : Le temps du désenchantement et Dix... Lire la suite (5 décembre)