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Un film d’Emmanuel Mouret (France)

"Caprice" Sortie en salles le 22 avril 2015.

Clément, instituteur parisien, rencontre dans le cadre de son travail, Alicia, une comédienne de renom qui tombe très vite sous le charme de cet enseignant décalé et un peu lunaire.

Leur relation tourne très vite au grand amour.

Mais Clément est sans cesse relancé par Caprice, une jeune comédienne charmante, elle aussi tombée amoureuse de lui.

Que va-t-il advenir de cet anti Don Juan, devenu involontairement un bourreau des cœurs ?

Après avoir tenté de s’essayer à un genre cinématographique plus grave avec " Une autre vie " en 2013 (où Jean, un électricien chargé de poser des systèmes d’alarme, rencontrait un amour partagé avec une célèbre pianiste), Emmanuel Mouret renoue ici avec "un marivaudage à sa façon" qui, depuis " Vénus et Fleur " en 2003 lui a donné une place à part dans le paysage du cinéma français, où il égrène la musique singulière d’histoires d’amour rêveuses, d’une légèreté toujours teintée, à parts égales, de gravité et de cocasserie.

Il interprète ici lui-même le personnage central de son film dans la tradition des burlesques légers, lorgnant du côté de Jacques Tati et des classiques du genre pour la maladresse, les agissements empruntés et donner ici et là, dans son récit, des scènes à la fois drôles et touchantes.

Très vite on oublie un peu le centre du motif de son film (le personnage pris entre les deux histoires d’amour), on laisse de côté l’enveloppe générale pour apprécier les petits moments savoureux qu’il nous propose comme des cadeaux à l’intérieur d’une pochette surprise.

Cinéma : Caprice
Un instituteur qui tombe amoureux d’une star de la scène théâtrale qui le lui rend bien et qui voit entrer dans sa vie une tornade de spontanéité en la personne d’une comédienne débutante qui n’a pas froid aux yeux, voilà le point de départ d’un film qui en vaut bien un autre.

Mais le projet du réalisateur est-il bien de traiter ce sujet ? N’est-il pas de s’en servir comme d’un prétexte pour nourrir son récit, de moments savoureux, d’anecdotes, de situations où il excelle autant comme réalisateur que comme interprète ?

Si Clément, parce qu’il est heureux en amour, dévale un escalier et se casse une jambe, n’est-ce pas pour nous offrir à voir deux ou trois moments désopilants où le plâtré, rendu plus maladroit que jamais par son handicap, devient un personnage burlesque qui, en équilibre sur des béquilles, tente de rattraper au sol tout ce qui lui est tombé des mains.

Une des meilleures scènes du film qui résume tout le cinéma d’Emmanuel Mouret n’est-elle pas celle où, à son fils de dix ans qui dévore un livre, il propose son téléphone portable pour une partie de jeu électronique…

Il fallait qu’Emmanuelle Mouret et son cinéma rencontrent Anaïs Demoustier. C’est chose faite et c’est dans leur rencontre que réside un autre intérêt de " Caprice".

Le réalisateur et la jeune comédienne talentueuse font bon ménage.

Il a eu, lui qui choisit ses comédiennes avec tant de soin, la main bien moins heureuse en proposant à Virginie Efira d’interpréter Alicia. Trop peu de présence ? Un jeu attendu alors que sa partition était futée ? Une élégance un peu factice ?

On rêve en pensant ce qu’aurait donné à sa place Judith Godrèche ou Virginie Ledoyen.

Une jolie comédie.

Francis Dubois

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