Actualité théâtrale

L’Atalante, jusqu’au 24 juin 2014

"Caprices" d’après l’œuvre de Francisco y Goya Mise en scène Guillaume Dujardin

Goya, encore jeune, est frappé par un mal qui l’enferme dans le silence. Sourd, les oreilles cadenassées, il a pourtant la tête pleine de bruits.
Le peintre reconnu, glorifié se trouve isolé, affaibli, exclu du monde des vivants.
Cependant, il a continué à vivre, il a appris à lire sur les lèvres et gardé une certaine joie de vivre.
Le jour, il exécute les commandes émanant de la puissance royale et la nuit, se libérant du carcan de ses obligations, il laisse libre cours à son imagination, à son énergie créatrice, à sa folie et crée dans cette ambiance nocturne, une série de gravures intitulée "Les caprices".
"Dans ces petites peintures j’ai réussi à faire des observations qui n’ont généralement pas leur place dans les œuvres de commande où le caprice n’a pas libre cours" dit-il en substance.
Pour ces réalisations, il regarde ailleurs, peint des taureaux sanguinolents, des picadors éventrés, les incendies, les fous, des sorcières hideuses et le monde à ses yeux, devient noir comme ses pensées et ses rêves. Il scrute les souterrains, les soubassements, derrière les apparences comme quand dans la nuit se dévoile, à l’œil insistant, les contours de tout ce qui se cache, se tapit loin de la lumière.

Sur le plateau, une simple estrade de courtes dimensions limite la mise en scène et réduit dans la bonne mesure, le jeu gestuel de Maxime Kerzanet. Un jeu de lumière également très réduit, rythme le monologue.
Le texte lyrique, enflammé, tout en ruptures aurait peut-être exigé, de la part de l’interprète, moins d’emphase. C’est sans doute le peu d’espace dont il dispose qui le conduit à quelques excès de voix qu’il corrigera sans doute au fil des prochaines représentations.

Le spectacle fait partie du "Festival de Caves" qui, comme l’année dernière, propose une vingtaine de manifestations qui se donnent dans des lieux improbables, dans une soixantaine de villes ; le but du Festival étant de créer dans un lieu souterrain, souvent exigu, une intimité entre un texte, un artiste et le public.

A découvrir pour l’atmosphère insolite et la révélation du texte de Francisco y Goya.

Francis Dubois

L’Atalante
10 place Charles Dullin Paris 18ème.
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 46 06 11 90
www.theatre-latalante.com

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