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Un film de Jean-Baptiste Léonetti (France)

"Carré Blanc" Sortie en salles le 7 septembre 2011

Philippe et Marie se connaissent depuis l’enfance. Ils ont grandi dans le même orphelinat. Vingt ans plus tard, quand on les retrouve, ils sont mari et femme et forment un couple énigmatique.
Lui est devenu cadre dans une société où il se montre froid et implacable, une attitude qui rejaillit sur son comportement général.
Marie constate les dégâts du temps et la dégradation de leur relation. Leur destin bascule le jour où la jeune femme décide de sauver ce qu’il reste d’humanité dans son couple.

Mais le passé traumatisant des protagonistes conditionne à jamais leurs faits et gestes.
On peut se demander si, pour traiter de la déshumanisation de la société, de la froideur des relations humaines, du goût du pouvoir qui marquent notre époque, le meilleur choix était de donner au récit, à l’image, aux couleurs dominantes métalliques, au jeu asséché des comédiens, l’extrême froideur avec lequel ils sont traités ici.
Conduit de façon minimaliste et glaciale, le film tourne à l’exercice de style jusqu’à en faire oublier le sujet en cours de route.
"Carré blanc" est-il un film de genre, une histoire d’amour, un film politique ?
Dans tous les cas de figure, il manque de chair et s’enlise dans une forme qui donne la préférence à un esthétisme forcé.
Du coup, le chasseur de têtes sadique, personnage monolithique, abandonne toute chance d’une quelconque vraisemblance. Marie, mise au rang des personnages mutiques, garde tout mystère autour de son hypothétique projet et la problématique du couple qui semblait faire partie du contenu du film, passe à la trappe.
Le carré blanc qui revient sans cesse à l’image garde aussi tout son mystère même si le réalisateur, qui n’en donne pas la véritable raison, affirme qu’ "il englobe beaucoup de choses"…
Il est probable que ce qu’il dit à propos du carré blanc s’étende au film entier. On aurait aimé avoir des réponses à notre questionnement mais c’est trop tard : l’ennui a eu très tôt, raison de notre curiosité.
Francis Dubois

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