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Un film de Philippe Carrese (France)

"Cassos" Sortie en salles le 13 juin 2012

Pour se débarrasser de sa femme autoritaire et castratrice, Marc, un modeste assureur de province, ne passe pas par quatre chemins. Il rentre en contact avec le Milieu et leur commande le meurtre. Homme bonasse qui ne sait pas dire non, Marc accepte de servir de chauffeur à Toulouse, un malfrat de petite envergure, pour un casse foireux.

Or, initié par celui-ci aux ficelles du métier, il finira par découvrir sa vraie nature et à appréhender son potentiel de tueur.

Le sujet n’est pas neuf, celui du pauvre mec qui, au hasard des circonstances, finit par troquer sa nature naïve et docile contre celle d’un truand sans pitié qui va très vite dépasser ses initiateurs en rouerie et en cruauté.

Ce sujet de comédie se heurte très vite à ses limites et, ligoté par les poncifs, ne peut jamais déborder et devenir la comédie hilarante que Philippe Carrese a voulu réaliser et pour laquelle, semble-t-il, il n’a pas ménagé sa peine.

Les ingrédients y sont. Alors, à quelle autre raison attribuer le fait cela donne au final un film un peu traînard, sans grande saveur, mais pas complètement raté non plus ?

Didier Bénureau a la silhouette du personnage, le côté débonnaire qui convient, mais il est à l’image du film ou le film est à son image : il manque terriblement de crédibilité comique et tout au long du film, on a du personnage, la même image nonchalante qui finit par fausser la volonté du récit.

Simon Astier est un peu mieux en malfrat de petite pointure mais là encore, ça ne va pas bien loin. Est-ce parce que son personnage nous est livré d’entrée et qu’on sait depuis le début à quoi s’en tenir avec lui ?

Les seconds rôles sont à l’avenant, toujours sans relief même si on reconnaît au passage, Féodor Atkine, Olivier Sitruk, Wojitek Pszoniak ou Agnès Soral dans le rôle de l’épouse virago. Là encore, chacun rate son coup et passe à la trappe de l’ennui.

Le seul personnage à sauver, mais c’est peut-être parce celui-là est vraiment écrit, est celui de Chloé, la fille paumée qui fait un bout de chemin aux côtés de Marc et de Toulouse, n’a pas froid aux yeux et pas chaud au cœur. Il est joué par une comédienne singulière, qu’on voit malheureusement trop peu sur les écrans et qui se nomme Marie Kremer.

Du film de Philippe Carrese, il reste au bout du compte une comédie pataude qui a des airs de déjà-vu, mais qui, malgré tout, se laisse voir.

Francis Dubois

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