Actualité théâtrale

Jusqu’au 16 octobre au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis

« Catherine et Christian » (Fin de partie)

Après avoir créé Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce puis La noce de Bertolt Brecht et enfin une création collective, Nous sommes seuls maintenant , le Collectif In vitro s’attache à ce que sa créatrice, Julie Deliquet, appelle un épilogue dans ce travail sur la génération des baby boomers. Elle ouvre ce qu’elle appelle une « nouvelle ère en s’intéressant à celle des héritiers », la sienne.

Cela commence donc par une vidéo où l’on interroge Catherine et Christian, qui symbolisent les baby-boomers nés après la guerre, sur ce qu’ils pensent avoir transmis à leurs enfants. Puis la pièce démarre dans un restaurant après leur enterrement. C’est curieux un enterrement, que se passe-t-il lorsqu’on enterre ses parents ? C’est un moment où les enfants devenus adultes se retrouvent après s’être parfois longtemps éloignés, où ils se donnent des nouvelles, où ceux qui ont partagé les derniers jours des défunts racontent, où l’on discute de l’organisation de la cérémonie. Des dissensions apparaissent sur des sujets qui peuvent paraître futiles : que faire des cendres ? où organiser une collation ? Derrière ces désaccords transparaissent les petites rancœurs passées et les jalousies fraternelles plus ou moins enfouies dans l’inconscient.

La mise en scène passe d’un enterrement à l’autre, celui de Christian avec ses quatre fils et celui de Catherine avec ses trois filles dans un décor unique, celui d’un restaurant où des tables sont dressées avec des verres, des bouteilles et des bougies. Comme au cinéma quand une famille sort du cadre - la scène ici - une personne reste et assure un lien avec l’autre famille qui entre en scène. Ce sont les mêmes acteurs que l’on retrouve et cela fonctionne très bien parce qu’on sent un collectif très soudé. Ils sont extrêmement naturels, bien typés et l’on écoute sans ennui leurs échanges.

Théâtre : Catherine et Christian

Le texte résulte d’une écriture de plateau et l’on aurait souhaité qu’il soit plus fouillé pour sortir de la banalité. Catherine et Christian disent, au début, qu’ils ont voulu laisser leurs enfants libres de choisir leur vie. Que ressort-il de leurs échanges sensés représenter la génération des trentenaires-quarantenaires ? Ils vivent en couple depuis longtemps ou se sont séparés pour vivre avec un ou une autre, ils ont sur le cœur des jalousies d’enfant, rien que de très banal. On aurait rêvé d’un texte qui soit davantage à la hauteur du talent des comédiens.

Micheline Rousselet

Du lundi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h sauf le 4 octobre à 18h

Théâtre Gérard Philipe

59 Bld Jules Guesde, 93200 Saint Denis

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 13 70 00

www.theatregerardphilipe.com

En tournée ensuite.

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