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Un film de Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier (France)

"Ce n’est qu’un début" Sortie en salles le 17 novembre

Dans l’emploi du temps de sa classe d’enfants de 3 et 4 ans, Pascaline a placé chaque semaine un moment de philosophie. Elle allume une bougie, c’est le signal, et s’engage alors une discussion à bâtons rompus avec les petits sur des sujets comme l’amour, l’autorité, la différence ou la liberté. Chacun s’exprime et découvre la réflexion et le plaisir de l’échange verbal.

L’école Jacques Prévert du Mée sur Seine est classée en ZEP et c’est en prenant connaissance de cette expérience mise en place dans une classe de maternelle et en entendant Michel Onfray déclarer" les enfants sont tous des philosophes, seuls certains le demeurent" que Cilvy Aupin a eu l’idée de produire un film sur le sujet.
La rencontre avec Pascaline n’a fait que renforcer son projet .
Le mot "philosophie" plaît aux enfants. Ils aiment le prononcer, l’entendre et surtout, il suscite leur curiosité. Et même si le sens du mot leur échappe, ils lui trouvent bientôt chacun, une définition. C’est "quelque chose" qui "permet de réfléchir", qui "rend intelligent" et Pascaline découvre très vite que l’atelier philo fait écho à ses autres démarches pédagogiques, que ces échanges permettent aux enfants de développer leur imagination et les entraîne à faire leur propre choix de création. L’idée fait son chemin. Un projet sur deux années fait suite et l’Education Nationale donne son accord pour que ces ateliers à visée philosophique puissent être filmés par une équipe de cinéma.
Les séances auront lieu au rythme de quelques unes par mois et débuteront à chaque fois avec la flamme de la bougie. Dès la deuxième année de l’expérience, le projet mûri se précise et les enfants ont compris que cette mystérieuse philo pouvait les aider à parler et à réfléchir sur des sujets qui occupent leur vie. C’est ainsi que Yannis lance une réflexion sur la différence en parlant de sa couleur de peau et que Louise s’exprime librement sur le handicap dont souffre son père. Des personnalités se dégagent parmi les enfants et une vraie dramaturgie s’impose. Les sujets de discussion se renouvellent naturellement et prennent appui sur le quotidien : la vie des étrangers en France, la démocratie, l’idée de communauté. Le projet s’ancre de plus en plus dans l’actualité mais l’amour ou la mort viendront aussi au centre du débat…
Il en résulta 180 heures de rushes. L’essentiel du film fonctionne sur les moments de philo en classe mais il restitue également les prolongements avec les parents qui adhèrent au projet et les sujets qu’on a abordés en classe donnent lieu à d’autres discussions…
La pertinence des propos des enfants, l’évolution de chacun au fil du temps, le naturel et la spontanéité laissent penser que si de tels projets se généralisaient, ils auraient une fonction sociale considérable.
"Ce n’est qu’un début" est une réponse pertinente à Xavier Darcos qui déclarait en parlant des maîtres et maîtresses de maternelle chargés des tout petits qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un bac +5 pour changer les couches des enfants dont ils avaient la charge !
Francis Dubois

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