Actualité théâtrale

au Vingtième Théâtre jusqu’au 31 octobre

"Ce qui arrive et ce qu’on attend" Texte de Jean-Marie Besset. Mise en scène d’Arnaud Denis

Deux architectes, l’un roublard et parvenu, rodé aux manœuvres politiques et l’autre au contraire peu enclin aux passe-droits, attendent dans l’antichambre du bureau d’un ministère où une commission s’apprête à délibérer pour trancher et choisir lequel des projets l’emportera pour la construction du premier édifice terrien sur la lune.

Robert Lebret pourrait avoir l’avantage car il est l’amant occasionnel de la conseillère du ministre, haut-fonctionnaire à la tête de la direction de l’architecture, énarque, femme vieillissante, Louise Erkanter. Mais ce que Philippe Derrien, l’autre architecte, ignorait jusque là, c’est que, parmi les membres du jury figure Jason, un ancien ami de lycée avec qui il a eu, autrefois, une relation intime et qui nourrit toujours à son égard le même amour immodéré.
Face à la complexité de la situation, Philippe Derrien est prêt à passer la main mais sa jeune épouse Nathalie qui croit ferme au projet , décide de se rendre à la place de son mari chez Jason qui l’a convié. Mais au lieu de Jason, c’est Niels qui la reçoit, un dandy décadent, cynique mais plein de charme…
La pièce de Jean-Marie Besset est tout à la fois un marivaudage avec chassés croisés amoureux et échanges charmeurs sur des divans, un vaudeville où les portes s’ouvrent, se ferment mais restent parfois entrouvertes et une étude fine sur l’aspiration à la réussite professionnelle, l’ambition et les moyens de parvenir à ses fins.

Les personnages existent. Ils ne sont jamais caricaturaux-sauf celui de Louise Erkanter que Virginie Pradal pousse parfois à l’excès - et donnent à la pièce le contour réussi d’une fable moderne, tout à la fois mélancolique drôle et cynique.
Les blessures persistantes se découvrent avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. La trahison et la mort rôdent. L’amour est parfois si fort qu’il est indéracinable et les éléments généreux compensent ceux que l’indifférence et le cynisme imposent.
La mise en scène est fluide, élégante. Elle convient parfaitement à ce texte subtil que servent des comédiens à qui les personnages inspirent des élans réjouissants.
Applaudissements et rappels mérités.
Francis Dubois

Vingtième Théâtre
7 rue des Platrières 75 020 Paris
M° Ménilmontant ou Gambetta
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 43 66 01 13

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