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Un film de Gaétano Gotardo (Brésil)

"Celui que nous laisserons" Sortie en salles le 2 octobre 2013

Pedro est un grand adolescent placide et imperturbable. Il vit à son rythme et chacun autour de lui, s’amuse de son comportement de rêveur porté sur la solitude.
Mais la visite inattendue de la police chez ses parents va, tout à coup, éclairer et changer le cours des choses.

Dans son studio d’enregistrement, Eduardo ressent d’étranges douleurs alors que sa femme a pris la décision de prendre quelques jours de vacances avec lui et leur bébé.

Ana et Joào s’apprêtent à vivre des retrouvailles avec leur enfant adolescent qui leur avait été volé alors qu’il était encore bébé.

Gaétano Gotardo s’est inspiré de trois faits divers relatant des situations complexes impliquant des parents et leur fils.
Mais il traite ces sujets avec une telle prudence, une telle économie d’émotion que parfois le récit semble rester sur ses gardes et ne pas se départir de sa part de mystère.
Si le premier volet du film respecte la progression de l’histoire jusqu’à la révélation du drame, le second reste beaucoup plus hermétique et il est nécessaire pour le spectateur de combler les ellipses s’il veut avoir accès à la psychologie des personnages et percer la discrétion de la trame narrative.
Le troisième volet, qui nous donne à voir la mise en présence de parents avec leur enfant disparu à la suite d’un rapt, bénéficie de plus de limpidité.

Les trois courts films qui constituent "Celui que nous laisserons" s’achèvent chacun par un texte chanté qui vaut au film l’appellation de "drame musical".
Il est certain que ce rajout complètement inattendu et déroutant apporte au film une singularité troublante.
Il faut se laisser porter par les images et le choix narratif de Gaétano Gotardo, metteur en scène secret qui a réalisé un film original dont il faut peut-être chercher les clés dans les mentalités brésiliennes touchant à la famille.
Mais le défaut persistant de "Celui que nous laisserons" réside dans la trop grande distance qui existe entre les sujets concrets et le choix original du traitement.
Francis Dubois

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