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Un film d’ Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande/ Royaume-Uni/ France/ Allemagne/ Malaisie).

"Cemetery of splendour" Sortie en salles le 2 septembre 2015.

Des soldats qu’une mystérieuse maladie du sommeil maintient entre la vie et la mort sont amenés dans un hôpital improvisé.

Jenjira, une femme infirme, se porte volontaire pour assister les malades. Elle s’attache plus spécialement à Ltt, un jeune soldat à qui personne ne rend jamais visite.

C’est alors qu’elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui se sert de ses pouvoirs pour permettre à leurs proches de communiquer avec les hommes endormis.

Un jour, Jenjira découvre le journal intime de Ltt constitué d’écrits et de croquis dont l’étrangeté la séduit.
Cinéma : Cemetery of splendour
Existe-t-il une connexion entre l’énigmatique maladie dont sont frappés les soldats et un site mythique ancien situé sous l’hôpital de fortune où ils ont été admis.

La magie, la guérison et les rêves émaillent le chemin qu’a emprunté la vieille femme infirme. Ils la conduiront vers une conscience profonde d’elle-même et du monde, tour à tour limpide ou énigmatique qui l’entoure.

Il ne faut surtout pas attendre du film d’Apichatpong Weerasethakul qu’il nous guide selon un tracé narratif linéaire.

La vision fantastique du cinéaste est palpable ou insaisissable et l’édifice qu’est son film se constitue dans un récit hors champ ou comme se constituerait un puzzle dont chaque image, chaque séquence, serait une pièce indispensable à l’apparition du motif final.

" Cimetery of Splendor " est une sorte de voyage onirique que viennent régulièrement ponctuer des moments de récits ordinaires qui lui apportent une nouvelle respiration.

La visite d’un palais imaginaire ou d’un parc où se dressent des statues en pierre de couple enlacés, la présence d’un couple de squelettes, alternent avec des scènes d’un ordinaire chorégraphié face à un lac ou celle de face à face et de dialogues sans mystère

Le film fascine. Il vaut par la façon avec laquelle s’imbriquent les éléments d’un récit éclaté, à première vue disparates, mais on découvre au final la clé d’une cohérence où se mêlent intimement présent et passé.

Les amateurs d’un cinéma hors des sentiers battus, ceux qui se plaisent à trouver un sens à chaque image, les amateurs d’indices étranges qui ne demandent qu’à être décryptés trouveront leur compte avec ce film fourmillant de symboles.

Mais il y a sans aucun doute, une autre façon de regarder " Cimetery of Splendor ", c’est de se laisser porter par les images pour se mettre au diapason d’une pulsation narrative rare sans questionnement superflu.

A la fin de la projection, aucun spectateur n’a bronché et le premier à se lever a attendu la dernière image du générique de fin.

Le public était-il fasciné par ce qu’il venait de voir ou bien comme pourraient le dire les détracteurs de ce genre de cinéma, étaient-ils encore trop assommés pour se lever de leur siège ?

Francis Dubois

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