Actualité théâtrale

À partir du 31 janvier au Théâtre La Bruyère

« Chance »

Au secrétariat de ce cabinet d’avocats frappadingue, on ne travaille pas beaucoup, mais on chante et on danse. La secrétaire, rousse et bouclée, est très salsa, l’assistant écrit des plaidoiries en mi bémol, le boss tente de mettre un peu d’ordre et veut faire de l’argent,. Il y a aussi une secrétaire romantique toujours en retard, une jeune stagiaire, dont on ne sait pas très bien quoi faire, et qui devant l’indifférence générale ne cesse de se présenter. Cette équipe foldingue est complétée par un coursier rocker et une femme de ménage flamenco. Tous les lundis tout ce petit monde remplit une grille de loto et miracle, ils gagnent le gros lot : 99 millions d’euros.

Théâtre : Chance

Cette comédie musicale créée en 2001, qui a obtenu le prix de la meilleure comédie musicale en 2005, revient à Paris et c’est un vrai délice. Hervé Devolder qui signe la mise en scène, a écrit le livret et la musique, et comme chez Jacques Demy tout est chanté. Il marie tous les styles, des Enfoirés à Claude François en passant par la salsa et même le rap (délirante plaidoirie rappée par le boss). Les clins d’œil aux comédies musicales abondent, Les demoiselles de Rochefort ou Lola et son boa, mais aussi Chantons sous la pluie et d’autres encore . Le décor est gai et coloré à l’image de la comédie. Tout en légèreté, le comique se déploie sous toutes ses formes, dans les répliques comme dans les situations. L’assistant refuse de plaider car il a écrit la partition pour baryton (la voix du patron) et lui est ténor, l’aspirateur obéit au seul regard impérieux de la femme de ménage en plein flamenco !

Trois musiciens, piano, contrebasse et guitare accompagnent les six comédiens, chanteurs et danseurs, tous excellents. Franck Vincent prête sa belle voix de baryton au boss, n’hésitant pas à passer de la tenue classique du dirigeant d’un grand cabinet d’avocats au rôle de chanteur rap défendant un petit voleur de mobylette. Cathy Arondel passe de la salsa aux claquettes tout en faisant le café et en entraînant tout le monde dans la danse. David Jean déploie une voix puissante et une énergie formidable en coursier, maniant sa moto dans les embouteillages ou se rêvant biker dans le Grand Ouest américain. Léovanie Raud, Julie Costanza et Grégory Juppin complètent la distribution. Et cerise sur le gâteau, c’est une jolie fable, puisque après avoir joué en solo le plaisir de la richesse grâce à leur gain au loto, ils vont ensemble se lancer dans un projet solidaire, tout aussi drôle que le reste.

Une soirée dont on sort, sourire aux lèvres et des musiques plein la tête.

Micheline Rousselet

Du jeudi au samedi à 19h, le lundi à 20h30, le dimanche à 17h30

Théâtre La Bruyère

5 rue La Bruyère, 75009 Paris

Réservations : 01 48 74 76 99

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Une des dernières soirées de carnaval »
    Goldoni écrit cette pièce alors qu’il s’est décidé à quitter Venise, sa ville qu’il aime tant et qui l’a tant inspiré. Il est lassé de la guerre d’usure que mènent ceux qui, à la suite du Comte Gozzi,... Lire la suite (11 novembre)
  • « Une bête ordinaire »
    Elle a sept ans et demi, des seins comme des clémentines et l’impression qu’une bête sauvage lui crève le ventre. Elle a fait du garage à vélo de l’école sa cabane et y invite des petits garçons à toucher... Lire la suite (8 novembre)
  • « Le présent qui déborde »
    Après Ithaque , Christiane Jatahy continue à voyager dans l’Odyssée pour y trouver ce que ce poème vieux de 3000 ans nous dit du monde où nous vivons. Nous avions été peu convaincus par Ithaque où... Lire la suite (7 novembre)
  • « Tigrane »
    Tigrane disparaît un jour. On ne retrouve sur la plage que son skate et une bombe de peinture. Dans notre pays où l’école ne réussit pas à assurer une véritable égalité des chances, Tigrane semblait mal... Lire la suite (6 novembre)
  • « Place »
    De Place , couronnée par le prix du jury et le prix des lycéens au festival Impatience 2018, Tamara Al Saadi, son auteur dit : « la pièce est née de la nécessité de parler de ce sentiment qu’éprouvent... Lire la suite (6 novembre)