Actualité musicale, chanson...

Chansons d’amour, chansons de toujours et de jamais.

« Love songs » ? Quel drôle de titre ! Dans quel espace temps se situent ces musiciens ? Ils sont cinq – disons un quintet –, Jean-Benoît Culot, batteur et l’âme de ce groupe, François Chesnel au piano dont l’univers se situe du côté de Keith Jarrett, Thierry Lhiver au trombone qu’il regarde à la fois comme son bourreau (de travail) et comme une maîtresse souvent rétive, Thibault Renou à la contrebasse volontiers porteur du rythme, pour embrasser ces compositions qui se dérobent, passant de la joie à la tristesse comme dans toute histoire d’amour. Ils couvrent à eux cinq presque tous les âges de la vie du jazz et mélangent leurs souvenirs, imaginaires ou réels[1] de ce qu’ils pensent connaître des légendes du jazz. Le jazz et l’amour ? Vaste sujet.

Le jazz, une musique considérée comme « macho », une musique de sauvage pouvant pervertir la jeunesse – ce que disaient les ligues bien pensantes dans les années 1940-50, un peu encore dans les années 60-70 - et aujourd’hui « intello » - insulte suprême des cours de récré – est une musique d’amour. Ecoutez Miles Davis, difficile à éviter en ces temps de 20e anniversaire de sa mort, Lester Young, John Coltrane, Art Pepper… et beaucoup d’autres dont mon sac sans fin est rempli et vous comprendrez ce que veut dire l’amour. « You don’t know what love is » chantonnait déjà nos héros d’antan. Ecoutez ce quintet, vous en aurez une vague, forcément vague, idée.

L’amour, croit-on savoir, rime avec toujours. Que non ! Il rime avec passion et donc avec le jazz.

Le jazz, on ne le sait pas assez, pourrait supporter la même définition – ou absence de définition – de l’amour-passion « Ni avec toi, ni sans toi ». Je ne peux vivre avec toi, je me dissous dans toi, ni sans toi, je ne vis plus. Tu es le sang qui coule dans mes veines, la mémoire qui inonde mon cerveau, mon passé et mon futur… Comment puis-je vivre ? Cette interrogation, c’est celle du jazz tout entier. Il ne supporte pas les demi-mesures – mais peut-être les quarts des écarts -, le manque de soi-même dans ses créations, il exige le don total de soi pour exister et se perdre tout à la fois dans la musique, dans celle qu’il propose comme murmure.

Le jazz comme l’amour permet d’entendre le murmure du temps, celui qui est passé comme celui à venir.

Alors, « Love Songs » comme une introduction au(x) jazz tout entier. Et ce quintet vous en offre deux visions, une en public – et cette création a besoin du public pour se développer – et l’autre en studio, plus structuré pour indiquer qu’il faut respecter l’amour sinon il pourrait disparaître au coin d’une rue en allant chercher des cigarettes ou d’autres choses et pourquoi pas des chansons…

Nicolas BENIES.

Les deux CD « Love Songs », « DOXA studio » et « DOXA live au Chat Vert », label Arts Vivants, peuvent s’acquérir, contre un chèque de 12 euros à l’ordre de Arts Vivants, à envoyer à J.B. Culot, 28 rue Jean Hébert, 14 000 Caen. Pour de plus amples informations un site www.jazzcaen.com/culot/groupelove2011.lasp

[1] Il faut lire ce que Jonathan Franzen – qui fait beaucoup parler de lui en ce moment – dit des souvenirs dans un petit texte, « Le cerveau de mon père », Points/Seuil. Il rejoint Maurice Blanchot qui démontrait que « le souvenir suppose une part d’oubli ». Il ne faut pas confondre souvenir et mémoire. Cette dernière suppose un travail.

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