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Un film d’Asaf Korman (Israël)

"Chelli" Sortie en salles le 4 mars 2015.

Chelli a organisé toute sa vie autour de la garde de sa sœur Gabby qui est handicapée mentale. Elle occupe un poste administratif dans une école et dès que son service est terminé, elle rentre chez elle pour entourer sa cadette de toute sa tendresse.

Un jour, arrive dans l’établissement où elle travaille, un nouveau professeur vers qui elle est attirée dès le premier regard. Lui-même n’étant pas indifférent à Chelli, une relation amoureuse s’installe entre les deux jeunes gens.

Mais comment concilier la garde d’une handicapée mentale et une relation amoureuse ?

Zohar s’installe chez Chelli. Il s’attache à Gabby au point que l’aînée se trouve dépossédée de l’amour qu’elle porte à sa cadette.

Cinéma : Chelli

Liron Ben Shlush, scénariste et actrice du film d’Asaf Korman, a écrit cette histoire à partir de son expérience personnelle de jeune fille qui a grandi aux côtés d’une sœur handicapée mentale.

La relation complexe entre les deux jeunes filles, la difficulté de Chelli à gérer son temps entre son activité professionnelle et la garde de Gabby, les exigences exprimées ou implicites de cette dernière, soutenues par l’amour qu’elles se portent, se traduisent par un mélange de passion et de plaisir, de combat positif et de détresse.

Chaque instant, dans la vie des deux sœurs, est un acte d’amour.

C’est de façon frontale mais avec beaucoup de délicatesse, qu’Asaf Korman introduit dans le récit le personnage de Zohar, à la fois charismatique, d’une grande douceur et qui devient très vite, auprès des deux femmes, une présence familière.

Cependant, la tendresse toute fraternelle que Zohar va développer auprès de Gabby frustrera Chelli de la totalité de l’amour qu’elle porte à sa sœur et dont elle découvrira, sous cet éclairage, qu’il est bien le centre de sa vie.

Peut-être parce que le sujet du film émane d’une histoire vécue, chaque personnage, dans sa limpidité, comme dans la complexité, sonne juste.

Dès les premières apparitions de Chelli, l’essentiel de sa personnalité est découvert. On sait que c’est une jeune fille déterminée et directe, une personne qui s’engage dans la vie, en parfaite connaissance de causes.

Le jeu de Dana Ivgy qui interprète Gabby est à ce point saisissant qu’on pourrait imaginer que l’actrice est une handicapée.

Quant à Yaakov Daniel Zada qui a la charge du personnage de Zohar, il émane de lui une telle générosité, une telle simplicité à donner de sa personne, qu’il s’impose avec beaucoup de naturel dans l’univers clos de l’appartement.

Chacun des trois comédiens du film apporte, par la précision de sa partition performante dans des registres contrastés, un air d’authenticité..

"Chelli" se déroule presque dans sa totalité à huis-clos et cet enfermement qui pourrait créer une atmosphère glauque produit l’inverse.

Il y a dans ce film une liberté, et l’histoire développe chez chacun une telle qualité d’amour et d’abnégation que tant de générosité, présente dans la plus grande pudeur, illumine ce lieu fermé et sombre.

Francis Dubois

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