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Un film de Dietrich Brüggemann (Allemagne)

"Chemin de croix" Sortie en salles le 29 octobre 2014.

Maria est une adolescente de quatorze ans qui vit dans une famille catholique fondamentaliste.

A la maison comme à l’extérieur, son quotidien est guidé par les préceptes religieux sans cesse répétés par le prêtre qui la prépare à la confirmation et par une mère autoritaire.

Au moment où les autres élèves de sa classe vivent pleinement leur adolescence, Maria, entièrement dévouée à Dieu n’a qu’un rêve : devenir une sainte.

Mais le chemin vers la perfection qu’elle vise est, malgré la foi, semé d’embûches. De petits mensonges en légers dérapages, elle se sent glisser sur une pente dangereuse.

Après s’être confessée, avoir avoué ses manquements à sa mère, et afin de retrouver la ligne de son projet, elle va entamer son propre chemin de croix dont rien ni personne ne pourra désormais la détourner.

Cinema : chemin de croix

Le film de Dietrich Brüggermann se découpe en quatorze séquences portant chacune l’intitulé des différentes stations du chemin de croix du Christ.

Si le film est le récit de la recherche mystique d’une jeune adolescente guidée par l’éducation qu’elle reçoit de la part de parents et d’un prêtre intégristes, il démonte le mécanisme de ces certitudes inspirées des préceptes de la religion détournées à l’excès dans le but obscur de lutter contre le démon.

Dès lors que le virus de la religion est entré dans un jeune esprit malléable et qu’il a été annoncé comme le remède au mal, il y a plusieurs façons de réagir : s’y opposer pour y échapper, ruser avec les préceptes ou se soumettre totalement.

Le choix de Maria trouve une explication avec l’environnement familial qui est allé au-delà d’une simple application des préceptes et a fait naître en elle le projet excessif de devenir une sainte.

L’attitude des parents, bien qu’elle soit tout à fait plausible, s’explique moins. Qu’espère le couple des parents, de la rigueur d’une éducation en totale contradiction avec les codes de la vie contemporaine ?

Faire de leur fille un être asocial à force de voir dans le moindre rapport à l’autre des signes sataniques ou comme c’est le cas dans le film, à force de rejeter toute tentation fut-elle alimentaire, la rendre anorexique.

Que peut-on attendre d’une telle incitation à l’isolement, à l’enfermement ?

L’extrême rigueur dont font preuve les adules relève-t-elle d’un pur égoïsme autour de certitudes nées d’une croyance, d’un réel et généreux désir de tenir ses enfants hors de portée du mal en leur interdisant de vivre une enfance ou une adolescence "normale" ?

Si le film de Dietrich Brûggermann est parfois un peu démonstratif, il est efficace dans la réponse qu’il donne au problème de ces familles empêtrées dans la pratique rigoureuse de la religion.

La scène où, en présence de la mère, le médecin dénonce les retombées dramatiques d’une telle éducation permet de mesurer le désarroi familial du moment que l’édifice des convictions aveugles est mis à mal par des considérations purement médicales.

" Chemin de croix " est une mise en garde contre tous les intégrismes, les déviations qu’ils engendrent et dans quel but mystérieux. Car dans le cas de la famille fondamentaliste du film, il n’y a même pas l’alibi de la recherche de l’identification.

Un film "exemplaire".

Francis Dubois

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