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Un film de Pascal Bonitzer (France)

"Cherchez Hortense" Sortie en salles le 5 septembre 2012

Damien, quinquagénaire maussade, vit avec Iva, metteure en scène de théâtre et leur fils Noé, un gamin "nouvelle génération".

Le couple s’est enlisé dans un fonctionnement routinier.

Pour éviter à une certaine Zorica d’être expulsée de France à la suite de son divorce, Iva demande à Damien de faire intervenir son père, conseiller d’État. Mais les relations entre les deux hommes se sont distendues et Damien a du mal à obtenir un rendez-vous avec son homme politique de père. Damien croise à plusieurs reprises une jeune femme avec qui il sympathise au moment où Iva lui avoue qu’elle a une relation amoureuse avec un de ses comédiens.

Pascal Bonitzer est scénariste de longue date et ça se sent. Il a travaillé avec Jacques Rivette, Raoul Ruiz, André Téchiné entre autres, et lorsqu’il écrit un scénario pour son propre compte (ici en collaboration avec Agnès de Sacy), il crée des personnages sur mesure, concocte des situations qui ouvrent sur une grande légèreté de ton, même lorsqu’il parle de choses graves, et apporte beaucoup de soin (et de malice) aux articulations narratives.

Son film n’a pas de support privilégié. Ce n’est pas seulement un film sur les lassitudes d’un couple au moment où le plaisir de vivre ensemble s’est émoussé. Ce n’est pas seulement l’histoire d’une jeune femme étrangère qui a besoin d’une carte de séjour à défaut de quoi, elle risque de se retrouver ramenée à la frontière. Ce n’est pas non plus un film sur cette nouvelle génération d’enfants qui disposent en plusieurs points d’une supériorité sur leurs parents. Ce n’est pas un film sur les dessous de la politique, ni seulement sur la relation père-fils.

Mais c’est un film qui est tout cela à la fois, qui ne renie pas les problèmes graves de notre société mais qui préfère à la tonalité sociale, celle de la comédie légèrement amère.

Pascal Bonitzer aime visiblement ses personnages. Il les a confiés à des comédiens qui les servent magnifiquement mais son film n’est pas non plus un film de personnages et de comédiens.

Si l’’humour pétille à tous bouts de champ, ce n’est pas le résultat de gags volontairement drôles appelant le rire. Le rire vient des situations, des comportements des personnages, du jeu du hasard et des coïncidences, des dialogues savoureux, de dérapages qui font mouche….

Pascal Bonitzer en joue comme un jongleur avec ses balles, sans qu’on voie les tours de passe-passe mais le résultat est là, infaillible et sa comédie nous ravit tant elle est à la fois vraie et acrobatique.

Les personnages sont velléitaires, se dérobent sans cesse, disent tout et son contraire, se quittent sans faire de drame, se rencontrent sans se faire d’illusions, se disant que le bonheur peut survenir par surprise.

Jean-Pierre Bacri est touchant de justesse et de lâcheté, Isabelle Carré n’a peut-être jamais été aussi bonne que dans la fausse fantaisie où on lui demande d’être. Claude Rich est magistral et tous ceux qui ne font qu’un tour de piste, de Jackie Berroyer à Benoît Jacquot, d’Arthur Igual à Agathe Bonitzer ont leur mot à dire.

Mais quel avenir ont dans nos salles les comédies subtiles, intelligentes et de bon goût ?

Elles font généralement un petit tour et puis s’en vont. Souhaitons à " Cherchez Hortense" d’échapper à cette "fatalité.

Francis Dubois

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