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Un film de Jan Gassmann et Christian Ziörjen (France)

"Chrigu, chronique d’une vie éclairée" Sortie en salles le 18 mars

"Chrigu est le film qu’a achevé seul Jan Gassmann après la mort de Christian Ziögen.
Christian Ziögen était un jeune homme de vingt ans dont l’insouciance et les multiples projets prennent fin lorsqu’il apprend qu’il est atteint par un cancer incurable.
Il décide cependant, peut-être pour défier le mal, de filmer sa chimiothérapie.

Entouré par sa famille et ses amis qui refusent de montrer à son égard le moindre apitoiement, Christian, même s’il connaît l’issue inéluctable de la maladie dont il souffre, va lui livrer un combat de tous les instants avec une force, une vitalité, une constance dans sa démarche qu’il n’abandonnera qu’au dernier moment, lorsque la mort sera imminente.
Le sujet n’est pas neuf. Le combat acharné contre la maladie incurable a déjà été abordé dans des films, fictions ou documentaires. Mais ici, même si le tracé narratif passe par les mêmes chemins, si l’on franchit une à une les mêmes étapes dans l’évolution de la maladie, dans le processus des remissions et des rechutes,"Chrigu" ne ressemble à rien d’autre qui ait été fait sur le sujet.
Cette singularité du film, qui n’est pas évidente dès le début de la narration, tient surtout à la personnalité de Christian. Ce garçon, grand gaillard au regard droit, avait, avant la révélation de la maladie, pris un élan de vie. Et c’est la force de cet élan qui le propulse, qui entretient en lui, non pas l’espoir mais une sorte d’optimisme qu’il puisse dans cet appétit de vivre qu’il portait en lui.
"Chrigu"est un film sans précaution, un film qui ne prend pas de gants. L’histoire de la maladie est livrée telle quelle. Qui de Christian ou de la mort a apprivoisé l’autre et c’est aussi dans la sérénité de cette cohabitation que réside la force du film.
Personne ne s’apitoie sur le sort du jeune homme ni lui, capable de projeter à ce point sur l’issue de la maladie qu’il recommande à son ami cinéaste de ne pas oublier d’en faire un film qui soit aussi "rigolo". Il y a des moments drôles, des moments où passe dans le regard de Christian l’effet du frôlement de la mort, mais rien jamais n’est pesant, rien jamais n’est moralisateur ou voyeur, et l’on se surprend à garder, à l’issue de cette narration terrible et concise, l’image du visage jovial du vainqueur, de celui que la maladie a mûri au point de le rendre inébranlable.
Francis Dubois

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