Actualité théâtrale

 La Pépinière Théâtre

"Chronique d’une haine ordinaire’’ Texte Pierre Desproges Mise en scène Michel Didym

La désinvolture qu’il affichait, cet air de ne rien prendre au sérieux, surtout pas lui, ont-ils fait oublier, en son temps, que derrière le bouffon qu’affichait Desproges, se cachait un véritable auteur.

Michel Didym, comme tous ceux qui avaient boudé cet amuseur à l’époque, n’avait jamais vu Pierre Desproges à la télévision.

C’est en découvrant ses textes dans les parutions des éditions Actes Sud Papiers, qu’il a découvert qu’il s’agissait d’un vrai dramaturge.

De cette passion soudaine est né un premier spectacle "Les animaux ne savent pas qu’ils vont mourir " présenté aux Abbesses, il y a quelques saisons.

La lecture d’inédits à la fois complexes et lyriques, jouant la carte de la dérision et de la provocation, donnant tout autant dans le jeu de mots facile que dans la réflexion grave, égratignant les valeurs réputées intouchables, donnant tout autant dans l’anti-cléricalisme que dans la misogynie éhontée, a séduit le metteur en scène.

Dans le texte qu’il propose sur le plateau de La Pépinière Théâtre, foisonnent les bons mots, les calembours, les pirouettes verbales et autres lieux communs ; ce n’est peut-être pas toujours de haute volée mais ce sont justement l’humour parfois approximatif, les facilités qui font ici l’atout du spectacle.

Deux grandes dames du théâtre s’emparent du texte, le "cuisinent", le savourent avec leur immense talent et prouvent qu’on peut, sans effets, avec l’intelligence d’une interprétation toujours inventive, donner relief et profondeur à un texte dont la qualité est dans la provocation et qui pourrait, en d’autres mains, n’être que banal ou sombrer dans la vulgarité.

Dominique Valadié insolemment chapeautée et Christine Murillo en queue de pie, donnent chacune dans son registre, une palette de jeu toute en ruptures et jonglent avec le calembour comme avec la réflexion grave.

"Chronique d’une haine ordinaire" est un divertissement de haute volée et l’occasion de se délecter du savoir-faire de deux merveilleuses comédiennes.

On rit beaucoup avec ce texte drôle et cruel, sarcastique et dérisoire qui appelle "un chat un chat".

  Francis Dubois

 

La Pépinière Théâtre

7 rue Louis le Grand – 75002 Paris

Réservations : 01 42 61 44 16

www.theatrelapepiniere.com

se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

 

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Féministe pour homme »
    Noémie de Lattre n’a pas attendu l’affaire Weinstein et me-too pour parler des femmes et du féminisme dans ses pièces et dans son livre. Et sur ce sujet son spectacle, qui tient du théâtre, du cabaret... Lire la suite (6 décembre)
  • « Trois femmes (l’échappée) »
    Joëlle, tout juste diplômée « auxiliaire de vie », vient d’être embauchée comme gardienne de nuit par la fille de la vieille et très riche Madame Chevalier. Celle-ci en vieille dame acariâtre qui n’a... Lire la suite (3 décembre)
  • « Dark circus »
    Quel étrange cirque où l’acrobate tombe, où l’homme canon s’envole au-dessus de l’Afrique pour ne plus réapparaître, où le manche d’une guitare devient un dompteur que le lion s’empresse de dévorer et où le... Lire la suite (3 décembre)
  • « Féminines »
    Après Hors la loi, où elle s’attachait à l’histoire des femmes jugées pour avortement à Bobigny dont le procès avait ouvert la voie à la loi légalisant l’avortement, la jeune autrice et metteuse en scène... Lire la suite (2 décembre)
  • « Féminines »
    Après Hors la loi, où elle s’attachait à l’histoire des femmes jugées pour avortement à Bobigny dont le procès avait ouvert la voie à la loi légalisant l’avortement, la jeune autrice et metteuse en scène... Lire la suite (2 décembre)