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Un film de Brahim Fritah (France)

"Chroniques d’une cour de récré" Sortie en salles le 5 juin 2013

Brahim habite Pierrefitte-sur-Seine avec sa famille. Ils logent dans l’usine de construction de grues dont le père, d’origine marocaine, est le gardien.

La cour de l’usine est un formidable terrain de jeux pour Brahim d’autant plus que ces engins le fascinent à tel point qu’ils habitent ses rêves.

Cette année est une période de profond changement pour le jeune garçon qui, en même temps qu’il tombe amoureux d’une voisine de classe, se lie d’amitié avec Salvador, jeune immigré chilien dont le père a disparu sous le régime Pinochet.

Avec la découverte dans une remise d’un vieil Instamatic Kodak, il se passionne également pour la photographie…

Tout irait pour le mieux si une mauvaise nouvelle ne s’abattait sur le personnel de l’usine : l’annonce de la délocalisation du site dans le sud de la France.

La grève du personnel ne changera malheureusement pas le cours des choses.

Brahim Fritah a sans doute pensé qu’en situant l’histoire de son film en 1980, il déjouerait les pièges des clichés qui menacent ce genre de sujet.

Hélas, il ne déjoue rien et ce ne sont pas l’originalité (naïve) de certains plans, l’usage ici et là du noir et blanc, les ralentis ou les accélérés qui changent grand-chose.

Le personnage du gamin qui, en ouvrant les yeux sur le monde, amorce le virage vers l’adolescence n’est pas très neuf et rien, dans le traitement du film, ne le fait échapper à l’archétype.

La famille maghrébine est là où on l’attend et rien ne manque aux élans de générosité de la mère aimante, femme de bon sens et bonne cuisinière, du père bonhomme, à la passion des plus jeunes pour les films diffusés à la télévision.

La grève de l’usine nous conduit à une solidarité ouvrière de pacotille, à une occupation des lieux la nuit, prétexte à repas prolétaire et scènes superflues. Chacun est à sa place et les débordements du jeune leader tête brûlée donnent lieu à l’exécrable scène filmée au ralenti opposant ouvriers et staff de direction.

On pourrait peut-être, en cherchant bien, sauver quelques moments du film mais la construction générale est tellement décousue, brouillonne, les personnages sont tous tellement attendus, qu’on baisse les bras.

Où sont l’humour et la poésie dont parle Brahim Fritah qui seraient censés montrer sous un jour nouveau le monde ouvrier, celui de l’immigration et de la banlieue pour rompre avec les images dramatiques et dépressives habituelles ?

Les meilleures intentions ne suffisent pas. Il faut les assortir d’un peu de talent.

Francis Dubois

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