Actualité théâtrale

Ciné XIII Théâtre jusqu’au 4 avril 2015

"Vincent" de Léonard Nimoy Mise en scène de Paul Stein.

En août 1890, quelques jours après la mort de Vincent Van Gogh alors peu connu, les rumeurs vont bon train le concernant.

Etait-il devenu fou ? Etait-il un habitué des bordels, un clochard, un artiste médiocre qui n’aura vendu qu’une seule de ses œuvres de son vivant ?

Tomberait-il dans l’oubli total après sa mort par suicide, au cours d’une scène de démence ?

Son frère Théo, marchand d’art, confident et bienfaiteur de l’artiste et qui lui aura gardé la tête hors de l’eau à chaque instant de sa vie, raconte…

Il est déterminé à rétablir la vérité à propos de ce frère en qui il a toujours cru, dont il a été proche et pour qui il a toujours nourri une immense tendresse.

Un décor minimaliste constitué de quelques sièges, d’une table, d’un chevalet et d’une table basse

suffisent pour servir de support à ce spectacle qui, joué pour la première fois au VS theater de Los Angeles en octobre 2012, a recueilli tant d’excellentes critiques qu’il a été donné à guichet fermé pendant quatorze semaines.

La tournée du spectacle à travers les États-Unis qui a suivi, de Los Angeles à New-York n’a pas démenti le succès des premières représentations.

L’adaptation française de Jean-Michel Richaud (également interprète de la pièce) où ont été reprises de nombreuses lettres écrites par Vincent Van Gogh à son frère Théo est un bijou de sensibilité et relate à tout instant l’amour qui a lié les deux frères.

Le texte de Léonard Simon Nimoy (connu pour le rôle de Spock qu’il a incarné dans la série "Star Trek " et décédé récemment) s’inspire de la pièce " Van Gogh " de Phillip Stevens.

Il s’appuie sur l’inépuisable ressource que représentent les lettres échangées entre Vincent et son frère Théo pendant plus de dix ans.

Le travail d’écriture de Léonard Nimoy éclaire sur l’énigmatique personnage du peintre, homme discret fuyant les honneurs des critiques, repoussant à plus tard le moment de faire une exposition de ses œuvres, doutant toute sa vie de la valeur de son travail, se rendant peut-être à l’idée que son art n’était que l’œuvre d’un fou.

Le début de la pièce se situe une semaine après la mort de Vincent dans les bras de Théo. Nous sommes dans une salle de conférence à Paris, début août 1890.

Face à des artistes invités, des amis, à tous ceux qui ont flairé le talent de son frère de son vivant, Théo, sans faire de concessions sur l’authenticité des faits qui ont marqué la vie de Vincent, réhabilite l’artiste et rétablit une vérité dévoyée par la rumeur.

Théâtre : Vincent

Ce spectacle qui a peut-être trouvé le lieu idéal pour être donné (Le Ciné XIII théâtre est une salle aux dimensions conviviales) est une véritable "pépite".

Le texte est magnifique et Jean-Michel Richaud, mêlant le pathétique à l’humour, donne une interprétation subtile, toute en nuances et tellement touchante dans la restitution d’une fraternité passionnelle.

Un magnifique spectacle qu’il ne faudrait surtout pas manquer !

Francis Dubois

C iné XIII Théâtre 1, Avenue Junot 75 018 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 42 54 15 12

www.cine13-theatre.com

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