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Un film de Srdan Golubocic (Serbie-Allemagne-France-Slovénie-Croatie)

"Circles" Sortie en salles le 9 juillet 2014.

En 1993, pendant la guerre en Bosnie, Marko un soldat serbe, permet par son intervention pacifique, à un modeste marchand de cigarettes, d’échapper à la violence aveugle de trois soldats ivres de leur pouvoir.

Pour avoir simplement faire respecter une justice, il paiera son acte du prix le plus fort.

Douze ans plus tard, le père de Marko qui dirige la reconstruction d’une chapelle, se retrouve en présence du fils d’un des trois soldats, à la recherche d’un travail.

A Belgrade, l’ami de Marko qui a assisté sans intervenir à son assassinat, chirurgien réputé, est amené à opérer l’un des trois criminels, victime d’un accident de la route.

En Allemagne, Harris le 3ème soldat qui mène une vie paisible avec sa famille, décide d’aider l’ancienne compagne de Marko, victime de violences conjugales et à qui son mari alcoolique veut enlever leur enfant.

Le principe narratif de " Circles" s’inspire des cercles que produit à la surface de l’eau, une pierre qu’on y a lancée.

A partir du motif central, le récit se développe "en étoile" selon un processus d’interférences où des destins parqués par la guerre se croisent, s’imbriquent, partant de la haine, pour se diriger insensiblement vers le pardon et le repentir.

Le film est inspiré d’un fait réel. L’histoire de Srdan Aleksic, soldat serbe qui a sauvé un musulman alors qu’il était battu à mort par un groupe d’engagés serbes.

Srdan Golubovic a interprété ce fait comme une des seules histoires positives au cours des guerres qui ont secoué l’ex-Yougoslavie.

Le film qu’il a tiré de cet "incident" isolé mais exemplaire pose différentes questions à propos du geste salvateur.

Faut-il y voir un simple acte civique, la recherche du respect perdu en temps d’hostilités, ou un acte héroïque ?

La construction du récit révèle par un effet de ricochets, les conséquences multiples que peut avoir, en temps de guerre, un acte qui, dans un autre contexte, serait resté banal, courageux mais isolé.

Le choix narratif de Golubavic pour en arriver au pardon ou au repentir, reste dans une tonalité neutre qui ne joue jamais sur les cordes sensibles. Et si les sentiments hostiles tendent petit à petit vers plus d’humanité, ils évitent de le faire avec sensiblerie.

Le jeu sobre des acteurs accompagne cette démarche. Les paysages vastes ou les intérieurs modestes renforcent l’impression d’isolement dans les face-à-face avec la conscience.

Il aura fallu la participation financière de l’Allemagne, de la France, de la Croatie et de la Slovénie pour que le projet de Srdan Golubovic se réalise.

Cruel et généreux. A voir.

Francis Dubois

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